S'il est un épisode dramatique, terrifiant d'émotions qui va venir vous secouer et marquer vos esprits, c'est bien celui-ci... Toutefois, il va
falloir attendre la fin pour frémir!
C'est «en direct», sous les yeux de tous, que deux agents de la Section One se
font piéger et perdent la vie au cours d'une banale mission. On découvre alors que c'est un couple de marchands d'armes, jusqu'ici imprenable et réputé invincible, du nom de John et Helen
Wicke, qui tire les ficelles. Le danger qu'ils font planer est de très haut niveau, car ils s'apprêteraient à vendre et à faire sortir un détonateur nucléaire du pays. Ces derniers vivent en
châtelains dans une sorte de forteresse impénétrable, et arriver jusqu'à eux s'est toujours avéré mission impossible.
Sauf que cette
fois Opérations semble avoir trouvé «la faille», l'unique point faible d'Helen (Sherry Miller) étant la perte d'une petite fille qui lui avait été enlevée à la naissance alors qu'elle purgeait une peine de prison, et qu'elle recherche assidûment depuis
toujours.
Nikita est donc renvoyée dans ses terres: elle retourne parmi les vagabonds, va
s'inscrire dans un refuge de l'assistance publique et s'y déclare comme étant née le même jour et au même endroit que l'enfant disparue. Elle est vite repérée par le détective privé chargé des
recherches, et Helen la fait immédiatement ramener «de force» chez elle. Ce qui permettra à Nikita d'opérer et de «cuisiner» Helen de l'intérieur... Car elle et son mari sont les
seuls à savoir où se trouve le détonateur.
Mais les probabilités de les faire parler s'avèrent quasi nulles: John est
redoutable de méfiance et son coffre-fort reste particulièrement difficile à «crasher»...
Madeline et Opérations annoncent donc à Michael que, pour
arriver au but, il n'y aura sans doute pas d'autre moyen que de faire craquer Helen en «faisant du mal» à Nikita, et qu'il doit se préparer à la sacrifier... Rien en lui ne trahit le
choc qu'il vient d'encaisser; à peine un clignement des yeux vers le bas en guise d'acquiescement... Michael a revêtu sa cuirasse d'acier.
Profitant d'une
de ses absences, Nikita, qui ne se doute de rien et qui a endormi Helen avec un puissant somnifère, «visite» le bureau de John et accentue ses investigations. Mais elle se fait prendre
la main dans le sac: John la surprend à l'ordinateur, ce qui oblige Nikita à se dévoiler puis à tirer et à l'abattre. Reste maintenant à préparer Helen à son absence... et à sa
mort.
Helen émerge à peine de son sommeil qu'on sonne à sa porte: Michael, accompagné
d'une voiture de police, se fait passer pour un inspecteur et lui annonce que son mari vient de décéder dans un accident de la route et qu'elle doit l'accompagner pour identifier le corps.
Nikita la prend alors affectueusement dans ses bras et lui promet de ne plus la quitter...
Sauf que la voiture qui les emmène s'arrête au beau milieu des bois, et là, coup de
théâtre... Nikita est arrachée à son siège, saisie et traînée par ses hommes pour finir ligotée à un arbre. Et les coups de poing commencent à voler! Une scène de plusieurs minutes où la
tension est à son comble et où Michael sera stupéfiant de froideur, de souffrance refoulée, de stoïcisme; il s'est complètement détaché de son corps pour s'incruster dans la peau d'un
haut dignitaire chargé d'une banale exécution... Ou de celui qui, à l'intérieur de lui-même, est déjà mort. Le visage blême, la joue creuse, les yeux rivés vers le ciel ou vers le sol, le regard
vide de toute expression (même lorsqu'il croise celui de Nikita...), il nous livre ici une de ses plus brillantes performances!
Ce n'est que lorsque Nikita, tabassée à mort, se retrouvera avec le canon d'un
revolver pointé sur sa tempe lorsque Michael donnera de la tuer, qu'Helen s'écroulera et acceptera «enfin» de livrer le détonateur en échange de la vie de «sa fille», la seule
personne qui lui reste maintenant au monde.
Quant à Michael, il s'est tellement bien barricadé, qu'il ne parvient même plus à
exprimer son soulagement...
Il ne rentrera vraiment «en lui-même» qu'à son retour à la Section One, quand
il se rendra au chevet d'une Nikita à la face tuméfiée... qui ne peut s'empêcher de s'attendrir sur cette femme qui a fait plus pour elle en 24 heures que sa propre mère en toute une
vie...
© Michèle Brunel (Cet article est protégé par
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