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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 20:04
 
Intro-Section-One          
            

CODE  DE  CONDUITE:

Régime: militaire
Mot-clé: self-control
Fil conducteur: sang-froid
Mots de passe: ordre, rationalité, inhibition des sentiments
Conditions de survie: obéissance aveugle, faire abstraction du passé...

... mais sans pour autant perdre ses compétences!

 
Envie de plaisir et de relaxation? Mieux vaut rebrousser chemin.
Envie de pénombre et de réflexion? Entrez!


 

Une petite parenthèse en vue de présenter ce fabuleux «blockhaus» aux non-initiés s'impose.


La Section One n'est certes pas un lieu de résidence commun. Seule l'élite y est admise... Même si personne n'a demandé à y entrer. Car personne n'en sort vivant.


Même pour les plus grands parmi les grands ou pour les plus brillants d'entre eux, s'en évader est impossible. Rester en vie le plus longtemps possible est le défi principal à relever et vivre avec la hantise de réussir la mission confiée le seul luxe qui soit permis. Un endroit où il ne fait guère bon vivre, à comparer à une sorte de spacieuse prison dorée où, réduit au sort d'un condamné à mort ou «à la perpète», on attend l'heure fatale; un abri protégé où, sous haute surveillance, on s'entraîne à la discipline et qu'on ne quitte que pour aller livrer bataille. «Le monde en dehors de ces murs n'existe pas. Nous sommes des morts vivants!» (Saison 1-E10: Choice)


Où sommes-nous?


Non pas au sein d'une organisation criminelle (à la Section One on ne tue ni gratuitement ni pour des billets de banque, pas plus qu'on ne s'occupe des vulgaires malfrats: aussi paradoxal que cela puisse paraître, et même si la perte d'un homme ne signifie pas grand chose, on tue pour sauver des vies..., à commencer par la sienne) mais en plein coeur d'une institution gouvernementale ultra-secrète dotée d'un arsenal technologique révolutionnaire, terrée quelque part dans le monde et chargée de veiller à la sécurité du globe. Une sorte de plate-forme suspendue entre le ciel et l'enfer. Une sorte de sous-marin en plongée pouvant affleurer à tout moment à la surface de n'importe quel océan. Une sorte de vaisseau planétaire capable d'atterrir n'importe où et à n'importe quel moment de votre vie.


Régie par une charte «des non-droits et des non-libertés de la personne» (à laquelle on n'a pas d'autre choix que de s'adapter) et conçue pour projeter, cultiver et produire le pire comme le meilleur - du moins en matière d'agents, de stratégies et d'instruments -, elle est dirigée d'une main de fer par le très direct et autoritaire Paul, surnommé Opérations (alias Eugène R. Glazer) et son complément naturel, la très aristocratique et diabolique Madeline (Alberta Watson): deux esprits tortueux et pour le moins jamais dépourvus d'imagination...
 

À l'exception de l'appartement de Madeline qui se révélera être l'unique pièce à l'ambiance cossue et feutrée de la maison, on peut dire que - même si, étrangement, tout y sent le confort, l'aisance et le raffinement -, dans cette école de dressage qu'est la Section One, l'ambiance est tout sauf chaleureuse: on y entre de force, on y séjourne bon gré, mal gré, on y perd son identité, on y apprend à se débarrasser de son enveloppe humaine, à maîtriser sa peur, à supporter la douleur, à exceller en tout. Et à mourir en héros. Alors, à défaut de pouvoir y réaliser ses ambitions personnelles, on tente d'y exercer son pouvoir... sur l'autre.

Bienvenue donc dans cette «nouvelle société», dans ce monde différent, sophistiqué et d'avant-garde, dans cet univers sans pitié où on n'a pas droit à l'erreur, où la fin justifie les moyens (et sur lesquels on ne lésine pas), où tout le monde surveille tout le monde, où on vit en permanence avec l'arme au poing et où «on n'a pas le temps de faire du sentiment» (Saison 1-E3: Simone).


À la Section One, le hasard n'existe pas: «Il y a une raison à tout ce que nous faisons» (Saison 1-E10: Choice); de même que rien n'est impossible. Tout y est planifié à la perfection et, à moins d'être protégé des dieux, seules des capacités surhumaines ou les pleins pouvoirs permettent de sauver sa peau, à plus ou moins long terme. Un pouvoir qui y est, bien entendu, totalement désintéressé: seule l'idéologie... et l'instinct de survie comptent. Pas d'honneurs, pas de décorations en fin de carrière: rien que le pouvoir de vie ou de mort sur les autres et, à moins d'un miracle, pas d'autre perspective que de «servir la maison» jusqu'à son dernier souffle...


Car ici l'amour est interdit: outre à faire souffrir inutilement, il rend vulnérable, offusque le jugement et nuit dangereusement à l'efficacité. À la Section One, les mots émotion, chagrin, compassion, humanité sont formellement bannis du vocabulaire. Chaque passion, chaque relation qui vire au sérieux est immédiatement tronquée sous le couvert de morts accidentelles ou de missions suicidaires. Seules les aventures sans lendemain en guise d'exutoire sont parfois tolérées, et même l'amitié y a ses limites; on y raffle donc ce que l'on peut... «Votre relation avec ce service est la seule véritable relation que vous pourrez avoir» (Saison 1-E9: Gray)


Pénétrer la nébuleuse Section One, c'est faire un plongeon hors du temps, hors des frontières, hors du réel; c'est prendre congé des scènes, des paysages, des pulsions et des réactions de la vie courante, des modèles de vie traditionnels. Et ceci tout en traversant la douloureuse réalité de l'actualité. S'intéresser à elle, c'est explorer tous les recoins du génie humain et de l'intelligence artificielle; mais aussi, tous les replis de cette (solide ou éphémère?) «carapace» dans laquelle une âme est capable de se recroqueviller pour échapper à la souffance. Ou en oublier son amère saveur.


Se rallier à sa cause c'est flirter en permanence avec le danger, le deuil, la cruauté et la machination: mais aussi avec la beauté, l'ingéniosité et l'érotisme subtilement déguisé.

L'aimer, c'est être sensible à cette force des liens qui, envers et contre tout, unit les gens entre eux, mais surtout... qui peut aussi unir un spectateur à des personnages et/ou à des acteurs.


Bienvenue donc à la Section One, une enceinte aux multiples étages et corridors gris argent dans laquelle avec un peu de chance, beaucoup d'obéissance et un fort sentiment d'abnégation vous pourrez circuler presque librement...



© Michèle Brunel  (Cet article est protégé par  )
Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.

 

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Published by Michèle - dans Accueil
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