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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 16:49

 


Août 1999


«Je souhaitais devenir comédienne, mais ça me faisait peur, parce que les acteurs me semblaient très narcissiques.»



Comment êtes-vous parvenue à vaincre vos craintes?

J'ai compris que je n'avais rien à perdre. Mon rêve était d'aller étudier le théâtre en Californie et de tenter ma chance dans ce milieu; alors c'est ce que j'ai fait. Je crois que, peu importe les difficultés que l'on rencontre dans la vie, il faut savoir les sur­monter à un certain moment. On peut choisir de se complaire dans ses problè­mes et mener une vie misérable ou, au contraire, apprendre de ses expériences. Moi, j'ai compris à quel point j'étais chan­ceuse d'être en vie. Un jour, mes parents m'ont demandé: «Est-ce que nous avons été de bons parents?» Je leur ai répondu qu'ils n'avaient commis aucune erreur et que je ne changerais rien à mon passé. Si je n'avais pas eu le même bagage, je ne serais pas la comédienne que je suis aujourd'hui.


Vous voulez un jour ouvrir une école pour les jeunes de la rue; d'où vous vient cette idée?

Il y a quelques années, alors que j'étais au bord de la rivière Bow, près de Calgary, pour le tournage du film One of Our Own, j'ai soudainement réalisé que Nikita allait me faire perdre mon anonymat. J'ai carrément été prise de panique. J'ai aussi­tôt téléphoné à mon agent et à mon père pour leur dire que je voulais renoncer à mon rôle. Mais, évidemment, je ne pouvais pas tout foutre en l'air aussi fa­cilement. Ce soir-là, j'ai allumé une chan­delle, récité des prières et demandé à l'univers de me conseiller. Eh bien! croyez-le ou non, au cours des quatre nuits suivantes, j'ai commencé à faire un rêve, qui s'est développé de soir en soir. Je rêvais que je me promenais à cheval au milieu de vastes prairies et que, à un mo­ment donné, j'arrivais dans une vallée où se trouvait une école magnifique. Tous les jeunes de la rue que j'avais rencontrés à Los Angeles et à New York lorsque je me préparais pour mon rôle de Nikita étaient là. Certains s'adonnaient au yoga, d'au­tres jouaient au basket-ball, et ce, tout en récitant des extraits de pièces de Shakespeare. Il y avait aussi un studio de musi­que, où les Rolling Stones enseignaient. C'est ainsi que l'idée d'une école d'arts pour les jeunes de la rue a germé dans ma tête. Si vous y pensez bien, la plupart des acteurs pourraient être de très bons gangsters; ils viennent souvent de milieux défavorisés. Bref, je me suis dit que, si l'émis­sion «Nikita» était couronnée de succès, je pourrais réaliser ce projet fantastique et don­ner un peu de ce que je reçois aux autres. Cette école pourrait peut-être empêcher des jeunes ayant le talent de Marlon Brando de devenir des criminels. De toute façon, si je ne me lance pas dans une entreprise de ce genre, je vais un jour ou l'autre en avoir marre des névroses et du narcissisme inhérents au show-business, et je retournerai vivre dans la brousse!


Damian Harris et vous formez un couple stable depuis huit ans; souhaitez-vous avoir des enfants?

Absolument. C'est probablement le premier projet dans lequel je me lancerai à la fin de «Nikita». Pour moi, les enfants ressemblent à des anges. Ce sont de véritables petits magiciens: s'ils grandissent dans l'amour, ils parviennent à nous transformer à leur contact. Par le passé, je ne me sentais pas assez responsable pour devenir mère, mais je le suis maintenant. Je me disais aussi que je ne mettrais pas d'enfant au monde si je ne pouvais pas lui consacrer 100% de mon temps, alors qu'aujourd'hui je ne pense plus la même chose. L'important, c'est que les enfants soient avant tout aimés et qu'ils sentent que leurs parents leur consacrent le plus de temps possible. Mon besoin de fon­der une famille s'est fait de plus en plus sentir au cours de la dernière année. Je voudrais pou­voir offrir à mes petits le même environne­ment que celui dans lequel j'ai grandi en Nouvelle-Guinée. Je veux qu'il soit dénué d'influences négatives...


PAR FRANÇOIS HAMEL

MAGAZINE 7 JOURS

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  • : La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • : Un hommage fort et pleinement mérité au génie, au raffinement et au talent de tous ceux et celles qui ont su inventer, réaliser, produire et interpréter cette remarquable, unique et inoubliable série qu'est «La Femme Nikita». Petit clin d'oeil particulier aussi (et surtout) à l'acteur québécois Roy Dupuis qui a miraculeusement débarqué dans ma vie au bon moment...
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