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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 17:52
 
1999-10-Entrevue-2


Octobre 1999


C'est au Canada, sur le tournage de la série «Nikita» que Peta Wilson m'a donné rendez-vous. Coup de chance, ­les prises de vue du matin viennent de se terminer. Après un bref, mais très agréable bonjour, nous filons directement au Edge café de Toronto pour y déjeuner. Avouons-le, il est plutôt plaisant d'arriver aux côtés d'une superbe blonde court vêtue dans un lieu aussi réputé... et encore plus agréable de l'interviewer.


Nikita, ton person­nage, est une femme forte mais vulnérable. Lui ressembles-tu?

Oui et non. Chacune a apporté des choses à l'autre. Quand j'étais adoles­cente, je devais être forte pour affronter les rudes Australiens et gérer les moqueries liées à mon prénom... Là-bas, j'ai ap­pris à me forger une carapace.


Es-tu fan du film de Luc Besson?

Oh oui, c'est un film superbe. Je ne crois pas qu'il y ait eu avant «Nikita» un film qui ait offert à une femme un vrai rôle de mec. Ce qui m'a vraiment attirée dans ce film, c'est cette jeune femme qui fait un sale boulot avec autant de sang-froid qu'un mec. Par contre je n'aime pas la version américaine: Bridget Fonda n'y est pas crédible.


Crois-tu que les hommes aiment les femmes autoritaires?

Je pense que les hommes sont attirés par les femmes capables de prendre des initiatives et de décider d'être au top un soir pour leur faire tout ce qu'ils veulent. Et puis, de toute fa­çon tu ne connais pas le vrai pied au lit tant que tu n'as pas couché avec une Australienne, mon gars! (Rires.)


Tu étais une véritable athlète, mais tu es devenue mannequin, pourquoi ce changement?

L'appât du gain! Je voulais tout simplement gagner de l'argent et voyager! C'est pour ça que je me suis laissée faire quand on m'a poussée à être mannequin. Ç'a été très dur. Il a fallu que je m'affame à m'en rendre malade pour de­venir maigre. Je suis tellement dégoûtée que je ne peux même plus regarder un défilé de mode! Je sais trop ce que ces filles endurent...


Tu veux dire que tu n'aimes pas le milieu de la mode?

Il est totalement artificiel, ce milieu. Quand je suis arrivée en Europe, je me suis rendue malade. Il m'arrivait de me faire vomir après chaque repas pour garder la ligne! Ce n'est vraiment pas une vie très gla­mour. À la première occasion, je me suis échappée de cet univers...


D'où tiens-tu ce talent de comé­dienne?

Ça date de mon enfance. Mon père était dans l'armée australienne et nous déména­gions tous les six mois. Il fal­lait donc que je trouve à chaque fois le moyen de m'in­tégrer dans les nouvelles écoles et de m'adapter aux autres enfants. Ces expé­riences m'ont appris à jouer la comédie. Ce genre de situa­tion a fait de moi une véri­table comédienne.


Étais-tu un garçon manqué?

Ouais, je ne portais jamais de jupes, je faisais beaucoup de sport avec les garçons, j'avais les cheveux courts, je ne ressemblais pas du tout à une fille! Et je ne pensais qu'à me battre contre les mecs. Je ren­trais chez moi avec des traces de coups, ce qui rendait ma mère furieuse!


 
1999-10-Entrevue-5
 



À quel âge as-tu commencé à t'intéresser aux garçons?

Je n'ai pas eu beaucoup de pe­tits amis à Sydney. Mon éduca­tion sexuelle s'est faite quand je suis arrivée à Paris. Les Français adorent jouer les séducteurs, ce qui m'a surprise par rapport à la façon dont les Australiens traitent les femmes. J'adore la séduction, mais j'ai dû cho­quer beaucoup d'hommes en étant trop directe.


Par exemple?

(Rires.) Ah, tu veux vraiment des détails croustillants?! Eh bien c'était un soir, aux Bains Douches à Paris. Je dansais avec un mec franchement pas mal, on se tenait hyper serrés, et je sentais que je lui plaisais bien. Au moment où il s'y attendait le moins, je lui ai attrapé les couilles et je l'ai embrassé en plein milieu de la foule. Puis je lui ai pris la main, et je l'ai em­mené à mon hôtel où nous avons fait l'amour toute la nuit. C'était hyper bon mais j'ai dû le choquer, car je ne l'ai plus jamais revu. (Rires.)


As-tu bien étudié le person­nage de Nikita avant de jouer?

Oui, j'ai passé trois mois à traîner avec des voyous pour bien apprendre mon rôle. J'ai aussi beaucoup joué aux jeux vidéos avec eux pour développer ma rage et mon agressivité.


Dans la série, tu es habillée sexy, c'est ton genre dans la vie?

Pas vraiment, en général je n'aime pas. Mais parfois, pour une grande occasion, j'aime être provocante. Il m'arrive de sortir avec une veste d'homme sans rien mettre en dessous.


Le sexe, ça reste tabou pour toi?

Trop d'hommes et de femmes jouent un jeu, en ce qui concerne le sexe. Les gens devraient être plus clairs et ne pas se cacher derrière un tissu de men­songes. Les filles s'occu­pent trop de leur image.


Ce n'est pas ton cas?

Je ne pense pas faire partie des clichés. En général les hommes s'entraînent à être des prédateurs sexuels et les filles doivent être très sexy pour ressembler à des objets sexuels. Elles ne devraient pas être obligées de jouer ce rôle. Dans une relation sincère avec un homme, le sexe n'est qu'une partie du puzzle. Une bonne partie de jambes en l'air ne suffit pas à sauver une mauvaise relation.


Tu es une femme sensuelle?

Bien sûr! Je suis un prédateur sexuel! (Rires.) J'adore arra­cher la chemise de mon partenaire et faire un strip-tease érotique avec la musique à fond! Le sexe a toujours été pour moi une libération. Il suffit de se laisser partir to­talement. Moi, je vis le sexe comme un sport de com­bat! (Rires.)


 
1999-10-Entrevue-6
 
 

PAR JAN JANSEN

Magazine ENTREVUE N°87

 
1999-10-Entrevues-1


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  • : La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • : Un hommage fort et pleinement mérité au génie, au raffinement et au talent de tous ceux et celles qui ont su inventer, réaliser, produire et interpréter cette remarquable, unique et inoubliable série qu'est «La Femme Nikita». Petit clin d'oeil particulier aussi (et surtout) à l'acteur québécois Roy Dupuis qui a miraculeusement débarqué dans ma vie au bon moment...
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