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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 20:26
 

2000-7J-Peta-1
 


2000


Bien que ce soit aujourd'hui une femme épanouie, Peta Wilson a toujours la réputation d'être un garçon manqué à Hollywood. La comédienne a beau prendre tous les moyens qu'il faut

pour avoir l'air plus féminine, rien n'y fait...


Peta, avez-vous déjà souffert de votre image de garçon manqué, qui vous colle toujours à la peau?

J'admets que c'est quelque chose que j'ai mal vécu à un certain moment de mon existence. Adolescente, j'avais l'impression de ne pas être normale, d'avoir un sérieux problème d'ordre génétique. Aujourd'hui encore, je parle, je pense et j'agis comme un gars. Mais, après avoir consulté un psychologue à plusieurs reprises, j'ai compris que je ne pouvais rien y faire. Ça fait tout simplement partie de ma nature.


Selon vous, est-ce que ça vient de votre éducation?

Sans aucun doute. Mon père était si convaincu que ma mère allait accoucher d'un garçon qu'il m'avait baptisée Pedro avant même que je naisse; il avait également acheté des vêtements

de petit gars! Quand je suis née, ma mère m'a appelée Peta, mais ça n'a pas changé grand­ chose: durant toute ma jeunesse, j'ai eu l'impression d'être un garçon. Il faut dire que le fait d'avoir été élevée par un père qui travaillait dans l'armée n'a pas vraiment facilité les choses...


Dans la vie, vous ressemblez au personnage que vous incarnez dans la série «Nikita». Est-ce la raison pour laquelle vous avez accepté ce rôle?

Oui, absolument. J'avoue cependant que je commence à me lasser un peu de ce personnage. Bien que je vienne de si­gner un contrat et que je me sois engagée à jouer dans de nouveaux épisodes de «Nikita», je travaille actuellement à des projets qui me permettront de tourner définiti­vement la page. J'ai très envie de me consacrer entièrement au cinéma. Malheureusement,

lorsqu'on interprète aussi longtemps un rôle au petit écran, il devient très difficile de se défaire de l'image que les autres nous imposent. C'est la raison pour laquelle j'évite le plus possible de participer aux soirées de gala. Je ne supporte pas d'être étiquetée.


Vous ressemblez si peu aux autres stars de Hollywood! Pourquoi êtes-vous devenue actrice?

Tout simplement parce que j'adore les défis. Et je peux vous dire que ça n'a pas été facile! Je n'avais que quelques dol­lars en poche lorsque je suis arrivée à Hollywood. Je me souviens même que, les premiers temps, je dormais dans ma voiture. Mais, finalement, le métier d'actrice m'a sauvé la vie. J'ai travaillé comme mannequin pendant cinq ans avant de jouer la comédie et, à l'époque, j'étais littéralement en danger de mort. Cette période a sans aucun doute été la plus terrible de ma vie. J'avais sombré dans l'anorexie, et tous les médecins me disaient que, au stade où j'en étais, j'étais condamnée.


À quoi attribuez-vous le fait que vous soyez devenue anorexique?

En y réfléchissant bien, je crois que c'était une forme de protestation. J'ai été terriblement marquée par le divorce de mes parents. Je n'avais que 11 ans quand c'est arrivé, et il m'a été extrême­ment difficile de quitter mon père pour aller vivre toute seule avec ma mère. J'étais en adoration devant mon père, et le fait de ne plus le voir m'a totalement bouleversée. De plus, on m'avait inscrite dans une école catholique, et j'étais la seule enfant dont les parents étaient divorcés. Les reli­gieuses m'ont obli­gée à prier pour eux. À compter de ce mo­ment-là, je me suis sentie coupable de leur séparation.


Malgré votre adolescence tourmentée, vous avez certainement connu des moments agréables...

Avant la séparation de mes parents, comme mon père était militaire, je voyageais avec lui. Jusqu'à l'âge de neuf ans, j'ai habité en Nouvelle-Guinée. C'est sans doute l'un des plus beaux sou­venirs que je garde de mon enfance. Je vivais en pleine nature. Je me souviens que j'étais entourée d'animaux sauvages. J'ai grandi auprès d'un crocodile, de plu­sieurs chèvres et même de serpents. Ça a sûrement contribué à ce que je devienne un garçon manqué!


Ça ne vous a toutefois pas empêchée de rencontrer l'homme de votre vie...

Avant de faire la connaissance de Damian (le cinéaste Damian Harris), j'étais persuadée que j'allais toujours rester seule. J'ai eu un véritable coup de foudre pour lui. Je l'ai rencontré peu de temps après mon arrivée à Los Angeles. Depuis ce jour, nous ne nous sommes plus quittés.


Qu'est-ce qui vous a séduite en lui?

Je ne sais pas, car ce n'est pas du tout mon genre d'homme, tant sur le plan physique que sur le plan psychologique. Il est très calme, comparé à moi. Mais peut-être est-ce justement parce que nous sommes si différents l'un de l'autre que nous nous aimons. Je crois qu'il faut avoir des personnalités complémentaires pour jouir d'une bonne vie de couple.


Pour vivre pendant près de 10 ans avec le même homme, il faut tout de même avoir quelques passions communes, non?

Effectivement. Nous adorons les automo­biles et nous collectionnons les voitures d'époque. Je possède une Dodge des années 30, une Thunderbird et une Chevrolet, toutes deux des années 50. Ce sont mes petits trésors. Pour moi, c'est encore mieux que d'avoir des enfants!



PAR HERVÉ TROPÉA

MAGAZINE 7 JOURS



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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 18:24
 
1999-05-7J-Peta-4
 



Mai 1999


Peta Wilson, qui a longtemps fréquenté une école catholique très sévère, a grandi dans un milieu extrêmement puritain et a été marquée par l'instabilité de sa famille. Après la mort de son grand-père et le divorce de ses parents, cette ancienne mannequin a souffert d'anorexie, mais elle a réussi à vaincre cette maladie.


Féminine et sûre d'elle-même, Peta affirme être différente du personnage qu'elle incarne. Par ailleurs, elle voudrait ouvrir une école pour donner un foyer temporaire aux enfants qui, comme Nikita, ont du mal à s'intégrer dans la société.


Peta, avez-vous déjà eu, dans votre vie, à accomplir le même genre de choses que Nikita fait dans la télésérie?

Je suis très sportive. J'ai été nageuse et je me suis entraînée pour les Jeux olympiques. Je viens d'une famille de nageurs. Après avoir fait la guerre, mon grand-père s'est occupé d'une piscine, où les nageurs ve­naient s'entraîner. Alors, j'ai été obligée de nager pendant très long­temps. Je n'aimais pas vraiment ça, mais mon grand-père me donnait 50 cents chaque fois que je faisais 10 longueurs. J'ai également dé­ménagé à de nombreuses reprises lorsque j'étais enfant; à 13 ans, j'avais déjà déménagé 12 fois. C'était assez difficile, car je devais me faire chaque fois de nouveaux amis. Et en plus, mon prénom, Peta, ne me facilitait pas les choses. À 12 ans, j'ai voulu faire partie d'une bande de filles. Pour me faire accepter, j'ai dû voler des bonbons dans un supermarché. Or, comme je suis une très mauvaise menteuse et une bonne catholique, je me sens facilement coupable. Je me rappel­le que j'étais en sueur lorsque, tout à coup, une dame m'a donné une tape sur l'épaule. Je me suis mise à crier. En fait, elle voulait juste sa­voir l'heure. Ça ne ressemble pas vraiment à Nikita, qui est obligée de se battre pour sauver sa vie.


Nikita est froide et impitoyable. Êtes-vous comme elle?

Je pense que la majorité des femmes modernes sont froides. Les Australiennes le sont généralement. En ce qui me concerne, je crois que je suis assez impulsive, et il m'est difficile de ne pas réagir quand je vois quelqu'un mentir ou être victime d'une injustice. J'ai des opinions assez arrêtées. J'aime dire la vérité. Nikita, elle, ne peut jamais dire la vérité. Ce que nous avons en commun, c'est surtout notre façon très directe de communiquer. Mais je suis loin d'être glaciale. Je suis athlétique et j'aime prendre des risques; je pense que c'est ainsi qu'on avance dans la vie. Je n'aime pas regarder en arriè­re, tout comme Nikita.


À quel âge vous êtes-vous rendu compte que vous étiez sexy?

Quand je suis allée en Italie, à l'âge de 17 ans. Sans entrer dans les détails, je vous dirais que c'est là que je suis deve­nue une femme. Je suis tombée amoureu­se d'un médecin grec, et cette expérience m'a métamorphosée. Lorsque je suis par­tie de chez moi, j'étais une jeune fille; et quand je suis revenue à la maison, ma mère s'est mise à pleurer. Elle s'est écriée: «Oh mon Dieu, tu es devenue une fem­me!» Ma mère était très belle, très sexy, et elle conduisait une MG (voiture de sport britannique). Je fréquentais alors une éco­le catholique de filles. Je priais constam­ment pour mes parents: ils étaient divorcés et j'avais l'impression que c'était ma faute. Je portais un uniforme qui m'al­lait jusqu'à la cheville. J'étais très prude et je voulais faire exactement comme tout le monde. Je désirais aussi que ma mère soit comme toutes les autres, mais, elle, au contraire, se faisait remarquer en rou­lant dans sa voiture de sport. Comme je ne voulais pas qu'elle vienne me chercher à l'école, je lui donnais rendez-vous deux coins de rue plus loin. Bien sûr, elle ne m'écoutait pas et arrivait en klaxonnant. Elle descendait, et sa robe volait au vent. Je la traitais de tous les noms à cause de ça. Alors, elle trouve très amusant de me voir porter des robes sexy aujourd'hui.


Quel type de relation amoureuse entretenez-vous aujourd'hui avec Damien Harris, votre compagnon?

Quand je tombe amoureuse, c'est du sérieux. Je peux être comme une véritable épouse et agir comme une bonne catholique. Dans ma fa­mille, les femmes ont tendance à être dominatrices mais, avec Da­mien, j'ai établi une relation d'un type très différent. Il a été élevé à Londres, et moi, en Nouvelle-Guinée. Il est très timide, pas du tout agressif, ce qui est tout à fait le contraire de moi. Nous avons com­mencé à sortir ensemble parce que j'appréciais sa compagnie. Il n'était pas trop étouffant. Je pouvais étudier, et il m'encourageait à le faire, même si nos carrières étaient très différentes. Il a une petite fille de six ans, qu'il a eue d'une relation précédente. Alors, pour moi, c'est comme si j'avais une vraie famille. J'ai eu d'autres copains avant, mais, cette fois, j'espère que j'ai rencontré le bon compagnon. Je tra­vaille fort pour que cette relation fonctionne. On apprend beaucoup sur soi-même lorsqu'on accepte de faire face à des situations diffici­les. J'aime dormir avec Damien et me réveiller à ses côtés. Si l'un de nous deux a un problème, nous essayons de le résoudre ensemble. J'aimerais être comme mes grands-parents, qui sont mariés depuis 40 ans. Bien sûr, ce serait bien que nous nous mariions, que nous ayons 10 enfants et une jolie villa. Je suis très romantique.


Qu'est-ce que vous ne tolérez pas chez un homme?

Je n'aime vraiment pas qu'il soit colérique. Mon grand-père, un héros de guerre, était assez autoritaire. J'étais très proche de lui, mais il s'ex­primait vivement avec les gens. Je ne tolère pas l'agressivité. Je suis du genre à disparaître pendant une heure ou deux, le temps que le calme revienne. Lorsque les gens sont en colère contre moi, j'ai ten­dance à me refermer. Ce n'est pas une sensation très agréable.


Après avoir tant déménagé, y a-t-il un endroit en Australie que vous considérez comme votre coin de pays?

Je viens tout juste d'acheter un terrain de 10 acres près de Sydney, en Australie. Acheter un petit bout de plage, c'était le rêve de ma vie... Maintenant, il ne me reste plus qu'à faire bâtir ma maison. Je veux quelque chose de simple, une maison typiquement australienne, avec un long corridor au milieu qui laisse passer la brise et qui climatise les pièces naturellement. Ma mère a une maison de ce genre en pleine forêt, dans North Queensland. Mon père, lui, possède une mai­son à Sydney, et j'ai toujours une chambre où je peux rester. Cependant, mes meilleurs souvenirs sont les moments que j'ai passés en Nouvelle-­Guinée. Là-bas, mes parents et moi formions encore une vraie famille. À l'époque, mon père était militaire. Ensuite, nous avons aménagé dans les Highlands et nous avons connu des moments extraordinaires. Nous n'avions ni télévision ni radio: seulement le vieux huit pistes de mes parents, sur lequel on faisait jouer des cassettes de Neil Diamond, de Barbra Streisand et de Liza Minnelli. Et moi, je faisais semblant de chan­ter; je portais un pantalon, comme celui de Jeannie dans Ma sorcière bien-aimée (Bewitched). (rires) On s'amusait bien.


Vous avez déjà eu des problèmes d'ordre alimentaire par le passé. Comment êtes-vous parvenue à les surmonter?

Oui, j'ai eu des problèmes d'anorexie à cause de tous mes change­ments d'école, et aussi à cause du divorce de mes parents. C'est égale­ment à ce moment que mon grand-père Théo est décédé. Je ne parvenais pas à surmonter ma peine. J'avais l'habitude d'aller pêcher tous les matins avec lui avant de me rendre à l'école. J'ai vécu avec mon grand-père pendant un certain temps lorsque ma mère voyageait en Europe. Il m'accompagnait à tous mes entraînements de basket-ball. Lorsqu'il est mort, ma tristesse a pris la forme de l'anorexie. Je m'en suis sortie, mais je suis redevenue anorexique quand j'ai travaillé comme mannequin, car je n'étais pas très heureuse de faire ce métier, où on est traité comme un morceau de viande. J'ai toujours pensé que la beauté vient de l'intérieur, mais j'avais besoin d'argent, et ma mère était très fière de moi. Puis, soudain, j'ai cessé d'être anorexique. J'ai voulu aider les autres, alors je suis allée discuter avec les jeunes adolescentes de mon école. Elles voulaient tout savoir sur le métier de mannequin. Je leur ai tout raconté, et je leur ai conseillé d'aller à l'université. Je leur ai aussi parlé d'anorexie, je les ai informées du fait qu'elles pouvaient en mourir et je leur ai recommandé de parler à leurs parents si elles avaient des difficultés.


Qu'aimeriez-vous faire à l'avenir?

J'aimerais ouvrir une école pour des enfants à problèmes, comme Nikita, et dont les parents sont des drogués ou des alcooliques. Je veux leur don­ner d'autres modèles dans la vie et leur permettre de passer trois mois par année dans un endroit où ils pourraient faire de l'art ou de la musique, jouer au basket-ball ou réciter du Shakespeare, au lieu d'exprimer leur colère en commettant des actes criminels.



UNE ENTREVUE EXCLUSIVE DE NOEMIA YOUNG

MAGAZINE 7 JOURS



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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 23:30


1998-09-Gear-6
 
Traduction  française  de  l'article  du  Magazine  GEARS
«Peta:  La  Femme  Nikita's  lethal  weapon»  (1998)
 


Peta,  l'arme  fatale  de  «La  Femme  Nikita»



Septembre/Octobre 1998



«J'ai une peur bleue». «Je suis une froussarde». Lorsque, sur son plateau de tournage à Toronto, Peta Wilson, qui tient le rôle principal de l'élégante et réticente tueuse de «La Femme Nikita» - le grand succès, unique et exclusif du câbleur (américain) USA Networks -, me fait part de ses sentiments, je ne la crois pas. Pas facile en effet, vu l'imposant gabarit 
«5'11"» de Peta Wilson et son inquiétant regard «ça va me faire mal plus qu'à toi, mais ça va faire mal quand même». Néanmoins, très vite, elle met l'accent sur la disparité entre son comportement à l'écran et sa propre personnalité. «Des films qui font peur, ça me fait peur», dit-elle en un australien rapide, guttural et claironnant, un mode bien éloigné de l'énonciation «marque déposée» de son personnage qui, lui, a plutôt tendance à se placer quelque part entre le chuchotement et la menace. «Quand les gens se fâchent, ça me fiche la trouille».

 

Quand nous nous rencontrons, une semaine plus tard, pour un dîner à New York, elle corrige, déclarant haut et fort: «Ces choses qui vous effraient résident dans votre façon d'être heureux. Rien ne me fait réellement peur. J'ai fait face à mes craintes, je les ai fait miennes et les ai surmontées».


Débarrassée de toute inhibition, Peta Wilson est une de ces rares personnes qui s'en prend plein la gueule dans la vie et qui rit avec entrain et beaucoup de plaisir quand des jus coulent en cascade sur son menton. Expansive, sociable et extrêmement tactile, elle se lancera à bras-le-corps - polyvalente, cheveux blancs comme neige au vent - dans n'importe quel potentiel rapport interpersonnel, se joignant d'elle-même à d'interminables conversations labyrinthiques (qu'elle appuyera pour la plupart d'un haussement d'épaules, d'un «et alors, je suis Australienne», ou d'un «et alors, je suis un Scorpion»), et distribuera des étreintes «d'ours broyeur d'os» ou de cuisantes «bottes au cul» à la moindre provocation.


Bien qu'il soit tonifiant d'entrer intimement en contact avec une femme aussi sexy et un tel esprit libre, il faut également s'attendre aux moments inévitables où elle voudra: 1. Se mettre tout d'un coup à chanter (heure approximative, 22h54); 2. Attraper votre main et vous entraîner sur la table, en insistant pour que vous dansiez avec elle tandis que les clients tout autour vous regarderont en applaudissant (heure approximative, 00h10), et 3. Vouloir que vous croisiez les bras pour trinquer (heure approximative, 00h47). Tout ceci non pas pour dire que Peta Wilson n'est qu'une pile électrique, mais juste que sa dépense démesurée d'énergie est une perspective intimidante pour quelqu'un habitué à un mode de vie plus rigide. Lorsque nous quittons le restaurant, j'esquive une affectueuse embrassade. «Vous avez peur de moi», dit-elle d'un ton accusateur. Je nie, mais elle semble ne pas me croire.

 

1998-09-Gear-10

 

Une  défiance  qui  a  régné  pendant  de  nombreuses  années  à  Hollywood

 

Le public ne veut pas mettre de sa poche pour aller voir «une poupée» en action, c'est de l'ordre de la sagesse populaire. Ils la trouvent intimidante, contraire à la féminité, garçonnière. Même dans un passé, pas si lointain, quand «the Giant Action Smash-Up» [les grosses bagarres spectaculaires] constituait le genre le plus rentable et le plus communément accepté, que des films mettant en vedette des gars qui ne savaient pas commander un repas en anglais mais qui pouvaient, d'un tour de jambe [coup de pied], envoyer un trafiquant d'armes voler par la fenêtre du 32e étage étaient applaudis par un public peu exigeant, personne ne leur réclamait un équivalent féminin. 

Chaque tentative d'introduire une héroïne de films d'action ne rencontra que dérision et salles vides. Sigourney Weaver dans la série Aliens et Linda Hamilton dans Terminator 2 ont certes fait mouche, mais toutes deux doivent leur épanouissement plus à leurs rôles qu'en jouant les stars dans des voitures créées pour l'occasion. Le sort des grands films d'action taillés sur mesure pour Geena Davis (The Long Kiss Goodnight), Sharon Stone (The Quick And The Dead), Pamela Anderson (Barb Wire), Jamie Lee Curtis (Blue Steel), Lori Petty (Tank Girl), Cindy Crawford (Fair Game) et Bridget Fonda (Point Of No Return / VF Nom de code: Nina, le premier essai raté d'une version américaine de Nikita), reflète mieux la situation.


Alors que les cinéphiles ont réservé un accueil frileux à la femme d'action, il n'en a jamais été de même dans le monde de la télévision. Dans les années 60, Honey West, l'Emma Peel de The Avengers [VF: Chapeau melon et bottes de cuir] et Cinammon Carter (Mission: Impossible) dominèrent le petit écran. Les années 70 virent apparaître les Charlie's Angels [VF: Drôles de dames], Lindsay Wagner (The Bionic Woman) and Lynda Carter (Wonder Woman). Bien que les années 80 manquèrent de ce type d'icône, ces deux dernières années, trois séries ayant pour vedettes des femmes capables de tuer avec leurs mains ou leurs pieds ont été accueillies par les membres d'un public qui, depuis un divan de salon, parvinrent à leur conférer un statut de série-culte. 


Les héroïnes de Xena, Warrior Princess, Buffy The Vampire Slayer et de «La Femme Nikita» sont non seulement des personnages assez forts que pour empêcher leur série de dégénérer en un spectacle humiliant qu'il aurait aussi très bien pu être, mais participent également à la mise en place d'une nouvelle espèce de stars. Xena, bien connue pour porter l'étendard de la justice, est perpétuellement poursuivie par ses tendances génocidaires. La pétulante Buffy assume à contre-coeur sa vocation, telle un pianiste prodige astreint à faire ses gammes, alors qu'elle préférerait souvent être en train de draguer. Et puis il y a Nikita, invisible machine à tuer qui arpente les couloirs de la Section One - ce très-haut département gouvernemental ultra-secret qui l'arracha à sa prison dans un état de stupeur étonnement paranoïaque - tel un employé temporaire à son premier jour au sein d'une dangereuse organisation.

 
 
1998-09-Gear-5


 
P. Wilson déclare: «Dans un film, c'est très dur d'obtenir cette combinaison d'action et de drame en deux heures seulement. À la télévision, il y a de l'action chaque semaine, mais le développement émotionnel des personnages est en constante évolution. Les gens accrochent.»

P. Wilson est consciente à la fois du fait que le petit écran est devenu un sanctuaire pour la femme d'action, et du fait qu'elle et son cercle [très fermé] de femmes karatékas de haut niveau ont redéfini le stéréotype. «Je ne joue pas Schwarzenegger avec un sac à main. Lorsqu'on est une femme et qu'on s'en prend à des gros méchants, ça fait peur. Nikita est un tueur à gages, mais il y a toujours cet élément de crainte qu'elle puisse mourir.»


Au départ, mélange forcé de styles entre The Prisoner [VF: Le Prisonnier], Mission: Impossible et une publicité vintage pour Calvin Klein Obsession, la série télévisée Nikita a réussi à transformer ses excès en vertu. Les pauses lourdes de sens, les regards pesants et les dialogues creux qui au début provoquaient la risée, devinrent progressivement la signature de la série. «Cela a toujours été le style voulu, mais les gens ont mis un peu de temps à le comprendre», explique P. Wilson.

«À la télé américaine, excepté pour The X-Files [VF: Aux frontières du réel] et NYPD Blue [VF: New York, Police d’Etat], on parle beaucoup de conneries. Le niveau de concentration des gens est tellement bas. Ils regardent tellement la télé, comment voulez-vous alimenter leur intérêt pour une série dont le style est différent et les personnages si ambigus?»


L'intensité sauvage que Wilson apporte au personnage est un capteur d'attention essentiel. Même si elle ne dit pas qu'aucune actrice américaine ne saurait combiner comme elle le caractère viscéral et vulnérable, elle écarte sa prédécesseur Jane Fonda d'un brusque revers de la main. Et elle est à peine plus généreuse envers les autres Liv, Gwyneth et Uma: «Elles sont tellement...». Elle adopte une pose intimidée, craintive. «Elle n'ont pas ce...». Les mots lui manquent une fois de plus, elle serre les poings et pousse un grognement d'hostilité.


Elle n'y va pas non plus de main morte avec les acteurs américains: «Ce sont tous des beaux gosses. Où sont les vrais hommes?». Bien sûr, un beau gosse occupe une place essentielle dans l'univers de Nikita. Des multitudes de pages Internet créées par les fans de la série abondent de spéculations sans fin sur l'évolution, à l'allure d'escargot, de cet amour qui n'ose pas se déclarer entre Nikita et son mentor/bourreau/idole Michael (interprété par l'acteur québécquois Roy Dupuis), joué d'une manière tellement inerte qu'on dirait une nature morte virtuelle [...]. Wilson acquiesce: «C'est un homme de peu de paroles, qui ne bouge presque pas. Ce qui fait que je me demande sans cesse: "Pourquoi, bon sang, est-elle attirée par lui?" C'est un peu S&M [?].»
 

Cette relation ultra-compliquée et jamais aboutie apparaît clairement lorsque Nikita (ce n'est pas le genre de série où quiconque se dégèlera jamais au point de l'appeler "Nikki") s'échappe de Section One mais décide ensuite d'y retourner. Pour l'aider à simuler son enlèvement et à réintégrer le QG sans trop éveiller les soupçons, Michael lui fait la faveur de la battre jusqu'au sang. «Nous avons joué notre scène d'amour comme une scène de combat, et notre scène de combat comme une scène d'amour», confie Wilson avec un plaisir évident.


Née en Australie, à Sidney, en 1970, Peta Gia Wilson fut extradée avec son frère cadet Rob à cause des exigences du métier de leur père Darcey, officier militaire, et ils furent transférés en Nouvelle-Guinée. Être confrontée sans cesse à ces déplacements (sa famille a déménagé encore une douzaine de fois avant qu'elle ait atteint l'âge de treize ans) a nourri chez elle une vive imagination qui fit naître une ambition. «Quand j'avais neuf ans, j'ai vu Thunderbolt and Lightfoot [VF: Le Canardeur], et je me suis dit: "Je veux être comme Jeff Bridges". C'est alors que j'ai commencé à rêver de devenir actrice.»

Elle ne réalisa pas son rêve en Australie, mais connut un début de célébrité en tant que plus jeune membre de l'équipe nationale de net-ball. Sa stature, ses formes et sa chevelure la guidèrent vers une carrière de modèle, sur laquelle elle passe brièvement aujourd'hui en disant «ce n'était pas à plein temps». Cela dura toutefois assez longtemps pour qu'elle devienne anorexique. En 1978, son poids passa de 63 à 50 kilos.
 

Après avoir cessé de faire la modèle et de vomir, P. Wilson déménagea à Los Angeles en 1991. Trois mois plus tard, elle rencontra l'auteur/réalisateur Damian Harris, fils de l'acteur irlandais Richard Harris, et emménagea avec lui. Les problèmes d'ego qui peuvent survenir dans une relation entre une actrice et un metteur en scène n'ont pas affecté les liens du couple. «Je respecte et j'apprécie réellement ce qu'il fait, et c'est pareil de sa part. Je crois que le fait que nous soyons tombés amoureux est dû en partie à nos aptitudes créatrices. C'est attrayant.»


P. Wilson a passé les 6 années qui suivirent à étudier le métier d'acteur chez un élève de Stella Adler, la légendaire actrice de théâtre, tout en dévorant, autant qu'il est humainement possible, l'oeuvre de Tennessee Williams. Elle s'apprêta ensuite à se tranférer à New York et à chercher du travail sur les planches. «C'est alors que mon agent m'a appelée et m'a dit: «Pourrais-tu faire de la télé?» Et moi de répondre: «Quoi? Ma personnalité au petit écran? Ça ne me correspond pas!» Elle s'est néanmoins rendue à l'audition pour Nikita où elle saisit un ballon de basket des mains du directeur de casting et l'envoya rebondir contre les murs; après quoi, elle s'est assise et a conquis le jury. Le rôle lui a tout de suite été offert.
 
«Quand j'ai commencé, je me suis dit: "Bon Dieu, qu'est ce que je suis en train de faire?" Je viens du théâtre. Mais maintenant que j'ai appris les techniques, je me rends compte que c'est difficile et beaucoup plus qu'un simple jeu fantaisiste. Il y a tellement de choses auxquelles il faut penser, comme par exemple le moment où doit arriver la pause publicitaire.»


P. Wilson a ce regard perdu qui la distingue de la plupart des actrices TV. Je le lui décris comme nordique, presque viking. Elle me reprend. «Nordique? Je crois que c'est mon côté écossais. Les Écossaises sont des filles bien. J'allais teindre mes cheveux en foncé, puis je me suis dit que les blondes étaient [des femmes] fortes. Mae West, Bette Davis. Les choses ont changé, maintenant il y a ce stéréotype qui caractérise les blondes. Je ne sais pas comment c'est arrivé.»

Je lui suggère Marilyn Monroe. «Alors tu prends ce qu'avait Marilyn Monroe, tu lui rajoutes du punch, et tu obtiens ce quelque chose d'autre. C'est peut-être mes origines australiennes. Je pense que les Australiens sont les Vikings des temps modernes.»


Alors que Peta Wilson est liée à Nikita pour encore trois ans, les propositions de film se présentent sur son chemin. Elle parle de faire mûrir un projet de film d'action qu'elle sera prête à jouer quand elle aura 35 ans (aujourd'hui elle en a 27), mais, pour le reste, elle est prudente. «Mon prochain choix se portera sur quelque chose qui nourrira ma créativité. Je commence déjà à être connue, ce n'est donc pas nécessaire de faire un film pour me faire remarquer, à moins que je veuille finir par me détruire dans un endroit pourri où je n'aurais pas de vie, et ce n'est pas ce dont j'ai envie. On m'a offert de grosses sommes d'argent, c'est vrai, mais bon, somme toute, c'est quoi ce dont on a besoin? Je mène une vie agréable».
 

Assez agréable que pour pouvoir se permettre une passion grandissante pour les voitures anciennes («Je possède une T-Bird de 1956, une Chevrolet Impala décapotable de 1958, et une Dodge de 1938»), mais apparemment encore très loin du niveau où règne une vision déformée de la réalité. Au moment de retourner sur le plateau de Nikita, elle dit: «Tu sais, à n'importe quel moment, cette vague sur laquelle je surfe va s'écraser, et j'ai intérêt à être prête pour la foutue dégringolade qui s'ensuivra. Je sais que tout cela pourrait s'arrêter à n'importe quel moment et que je me retrouverais dans le genre: "C'était qui encore, cette Peta Wilson?"»
 
Sur quoi, elle s'en va tourner la dernière scène de l'épisode final de la deuxième saison. Et conclut: «Je n'ai pas peur».


Traduction française © Michèle Brunel



 Magazine GEAR
 
1998-09-Gear-1


 
 
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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 21:08
 

 


Novembre 1998

Après avoir grandi en Australie, le mannequin Peta Wilson s'est transformé en actrice en devenant Nikita à la télévision. C'est dans sa maison de Los Angeles, dans les collines de Hollywood, qu'elle nous a reçus.

Peta Wilson
, comment avez-vous obtenu le rôle de «La Femme Nikita»?
Juste avant de tourner dans cette série, mon agent se lamentait, car aucun rôle ne me convenait réellement. Quand il a appris qu'on tenait une audition pour la version télévisée du film «La Femme Nikita», il m'a dit: «C'est maintenant ou jamais!» À l'audition, il y avait plus de 300 filles absolument magnifiques. J'ai dû montrer mes aptitudes en arts martiaux pour toutes les neutraliser!

N'êtes-vous pas lassée de jouer depuis trois ans le même personnage?
À la fin de la première saison, je me suis jurée de ne pas revenir dans la série. Je ne supportais plus les conditions de travail et les longues heures de tournage. Heureusement, les producteurs de la série ont dû modifier l'horaire de travail. Lors de la deuxième saison, j'ai exigé d'avoir un droit de regard sur le choix de mes partenaires, afin qu'on engage de meilleurs comédiens dans la série. Chaque année, j'accepte de revenir dans «La Femme Nikita», à condition de pouvoir faire évoluer les choses.

Malgré votre indéniable sensualité, d'où vient le fait que vous soyez parfois garçon manqué?
Mon père a été militaire. Je peux vous dire qu'on ne plaisantait pas à la maison. Même s'il était ravi d'avoir une fille, il m'a élevée comme un garçon. À l'école, j'étais plutôt réservée, mais il ne fallait surtout pas m'embêter. Je cogne comme un mec!

Est-ce la raison pour laquelle vous êtes si douée pour les activités physiques?
Oui. Mon père m'a donné le goût du défi. J'adore faire du sport; je suis imbattable au basket et en natation. Je pratique également des arts martiaux, en particulier le judo, depuis l'âge de 10 ans.

MAGAZINE 7 JOURS
SPÉCIAL TÉLÉROMANS



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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 07:59


23 octobre 1997
 
 
Pour LA FEMME NIKITA, la championne de natation se transforme en tueuse de charme.
 
Par Frank ROUSSEAU
 

 

 

Chers visiteurs,

Cet  article  fait  partie  d'une  collection-papier privée de 645  pages  de  journaux  &  magazines  (1990-2016)  qui  est

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Source:

Article revue CINÉ TÉLÉ-REVUE (3 pages)

 

 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 19:52


 
 Magazine Elle Québec - Novembre 1993



Je disais donc que...
Roy Dupuis est pour moi un sujet inépuisable. Mais ma principale source d'inspiration est, et restera toujours, Michael Samuelle, ce fabuleux personnage que l'on peut analyser et décortiquer à l'infini...


Un Michael dont le miracle tient essentiellement au fait qu'il soit fondamentalement et fantastiquement indescriptible. Son «chez lui», son immense jardin secret, est quasi inviolable; la frontière qu'il a fixée entre ses actes et ses pensées est quasi infranchissable, la rivière qui sépare le vrai du faux ou le «oui» du «non», quasi intraversable. Parvenir à «le mettre à nu», à interpréter un tel camouflage volontaire, relève pratiquement de l'exploit.


Car s'il y a une caractéristique propre à Michael/Roy Dupuis, c'est bien cette propension à assumer des rôles pleins d'ambiguïté où il laisse en permanence planer le doute sur lui. C'est cette aptitude à faire resplendir la face cachée de l'homme, à faire ressortir sa double nature, à dévoiler ce double jeu que chacun de nous est contraint de jouer chaque jour.

C'est l'art de rendre visible l'invisible ou l'invraisemblable, d'extérioriser ce que l'on veut dissimuler, de rendre statiques une intelligence fiévreuse et une réflexion en perpétuel mouvement... C'est l'art de faire fusionner, au sein d'un même regard et d'une même attitude, deux entités radicalement opposées: un don inouï qui ne cessera jamais de m'éblouir et sur lequel je ne peux m'empêcher de méditer et de disserter à chaque fois que je le regarde. Et ceci, en particulier dans «Nikita», là où son habileté à mettre en exergue la constante et omniprésente dualité des sentiments qui nous animent a probablement atteint son paroxysme; là où, en tentant d'annihiler sa vraie nature, il a redoublé de personnalité!


Personne mieux que lui n'aurait pu incarner cette part d'apparence externe et de secrets internes bien gardés, «ce subtil mélange de contrastes et de contradictions» qui fait de nous des êtres humains.


"J'avais besoin d'un acteur capable de jouer tout et son contraire... Ce n'est pas du ressort de n'importe quel acteur"...
déclarait le réalisateur Alain Zaloum en parlant de son film «C'est pas moi, c'est l'autre!»
 

Car, oui, Roy Dupuis est artistiquement capable de tout: capable de jouer lui-même et son contraire, d'exprimer n'importe quel élan ou état d'âme et son contraire; capable aussi de tout formuler sans rien dire ni laisser apparaître.

Il peut passer de l'état brut et sauvage au raffinement le plus extrême avec une virtuosité étonnante; il peut tout explorer, tout risquer et jouer avec le feu à volonté. Son physique attire les rôles osés (et il serait d'ailleurs bien dommage de priver les spectateurs d'un tel plaisir des yeux!) ou prédominants, tout comme son intériorité attire les rôles sophistiqués: car, quoi qu'il fasse, Roy a du chien et crève l'écran.


"Son insécurité lui fait réaliser des choses extraordinaires"


répondait sa mère, Ryna Tifo, à un(e) journaliste qui voyait en Roy un homme «exigeant et perfectionniste, mais aussi souffrant d'insécurité» (Magazine québécois «7 Jours» du 30 novembre 2002)


Difficile pour nous d'imaginer un Roy Dupuis encore hésitant ou peu sûr de lui dans la vie...


Reste en effet à ajouter que son capital ne se limite pas à la splendide structure de son corps et de sa physionomie, à son regard sublime et à son irréfutable talent d'acteur: il va bien au-delà... De lui irradie réellement quelque chose de magique, de mythologique... Ce qu'il inspire dépasse tout entendement, les ondes qu'il émet semblent provenir d'un monde légendaire, du temps où l'homme et la bête ne faisaient qu'un. Car, oui, en plus d'être littéralement envoûtant, Roy «sent le fauve»!

La nature l'a comblé. Une crinière épaisse et ondulée dans laquelle on voudrait pouvoir enfiler sa main, une voix qu'il sait rendre chaude, tendre et ensorceleuse quand le scénario le réclame, une démarche majestueuse que lui confère sa silhouette à la fois costaude et élancée, viennent compléter ce portrait de l'homme idéal dont chaque femme aura rêvé au moins une fois dans sa vie.


Mais il y a plus... Il y a «une présence» et une énième forme de «pouvoir» à appréhender...


Car le charisme de Roy est phénoménal: sa simple vue ou apparition provoque un éveil en sursaut des sens, une sensation d'attirance inexpliquable, voire même une incontrôlable montée d'adrénaline! Il y a en lui une telle synchronisation de tout son potentiel physique et abstrait qu'on ne peut ignorer le fait «qu'il soit là»... tout simplement, qu'il le veuille ou non... Présent quelque part dans un coin de la pièce ou de la scène.


Mais l'homme n'a pas fini de tisser sa toile... Il fera fondre toute résistance lorsque sa victime aura pris conscience de l'ultime emprise qu'il exerce sur elle: un pouvoir «rassurant» colossal, somme de cette puissante «force tranquille» et de l'incroyable «force protectrice» qu'il libère malgré lui! Deux forces délicieusement apaisantes dont les effluves parcourent malicieusement les canaux de votre imagination, jusqu'à ce que vous vous sentiez bien et en sécurité. Un sentiment de protection, de calme et d'équilibre intérieur que le personnage de Michael est venu sublimer.


Car, oui, de Roy, se dégage aussi une impression d'infaillibilité, d'homme invincible et invulnérable. Quel que soit le rôle qu'il assume, il reste dominant et, de ce fait, supérieur à tout ce qui peut «nous» ou «lui» arriver, dans la vie comme à l'écran...


"La force tranquille de l'arbre qui, à chaque jour, à chaque heure, à chaque instant, enfonce ses racines plus avant dans le sol"
  (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 94)


Roy Dupuis a beau prétendre que dans la vie il est l'extrême opposé de Michael et que les gens «croient le connaître», il n'empêche que dans chacune de ses interprétations il livre toujours une partie - aussi infime soit-elle - de lui-même (le goût du danger et du défi, par exemple, n'est-il pas dans sa nature? Réputé réservé, introverti, de peu de mots et jamais agressif, Michael n'était-il pas un personnage qui lui allait comme un gant? - Chassez le naturel, il revient au galop...) et, qu'il le sache, ceux qui l'aiment sont capables de «saisir l'insaisissable», qu'il y a toujours une correspondance directe ou indirecte entre un élément de sa vie et le scénario qu'il accepte de jouer. Il suffit de recoller les petits morceaux pour se faire une idée de l'homme superbe qu'il doit être au quotidien.


Alors, rendons à Roy ce qui appartient à Roy! Un Roy Dupuis toujours égal à lui-même: beau et grandiose. Et né non seulement sous une bonne étoile, mais bien avec l'étoffe d'une «super-star»!


Il est d'ailleurs franchement regrettable que tous ses plus grands films n'aient pas trouvé preneur en Europe. Car si une image vaut mille mots, un film vaut des centaines de pages ou d'images. Co
mme je disais précédemment: «tout en lui sent le pouvoir». Mais aucun livre ne parviendra jamais à décrire l'aura et l'effet du jeu de ce comédien.


Bienheureux ceux qui se laisseront encore piéger par son pouvoir d'attraction, car... aimer
Roy Dupuis
, c'est se garantir une petite parcelle de paradis sur terre!


© Michèle Brunel  (Cet article est protégé par   

Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.

 

Et... si une photo vaut mille mots, alors il est grand temps de passer aux images!

Découvrez près de 500 des
plus beaux regards, attitudes et expressions de
ROY DUPUIS, des vidéo-clips, des diaporamas, tous rassemblés sur:

 
 
 
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 19:55
 
 Avril 2008 - Magazine Elle Québec



"Roy rend les gens fous" écrivait la chroniqueuse américaine Ileane Rudolph (TV Guide - Février 2001). On ne pouvait mieux décrire «l'effet Dupuis»!


Même si les journaux nous permettent de nous faire une idée de la personne qui nous intéresse, il est risqué et difficile de parler de «personnalité» pour quelqu'un qu'on ne connaît pas et qui, sur scène ou à l'écran, est roi du transformisme. Contentons-nous donc d'extirper tout ce qui, de Roy, est public et visible à l'oeil nu, tout en nous tenant éloignés de ce schéma (plus qu'amplement mérité!) de «sex-symbol» qu'on lui a longtemps attribué, mais qui ne dure qu'un temps, le temps d'une jeunesse. Même si, pour ma part, je dirais qu'actuellement, il nous tarde de le voir raviver un peu notre flamme au travers d'un rôle, par exemple, de séduisant quadragénaire en proie au «démon de midi»...


Disons donc, que physique d'enfer et sex-appeal mis à part, Roy Dupuis, c'est... essentiellement la toute-puissance de la trilogie «talent, visage et regard».


Un visage fort auquel, après mainte réflexion et ne parvenant toujours pas à le qualifier avec précision, je collerais la définition de «tout simplement bestial»! Un visage anguleux «rempli de monts, de paliers et de vallées» qui, même pour les plus avisés, reste une forteresse imprenable.


Roy Dupuis peut ainsi prêter ses traits et «donner vie» à n'importe qui: son visage s'adapte à tout et même si, indéniablement, c'est dans ceux où il compose avec un air dur, grave, protecteur ou insolent - mieux encore si doublé d'un profil de séducteur! - qu'il récolte le plus de suffrages, tous les rôles lui sont permis.


Roy, c'est un visage que l'on peut photographier à l'infini - en rafales ou à distance de plusieurs années - sous une infinité d'angles, de jeux de couleurs, de costumes ou de lumières qui ne cesse d'émerveiller, chaque cliché laissant apparaître un homme nouveau, au visage différent, pourvu d'une nouvelle et inexpliquable profondeur. Avec lui, chaque séquence, chaque scène, chaque prise de vue prend une tournure d'aventure, de découverte, voire de révélation...


Aucune photo, aucune capture d'écran, aucune galerie de portraits ne parviendra jamais à fixer l'image de beauté que l'on voudrait pouvoir donner de lui, tant celle-ci est farouche, variable et insaisissable: le regarder jouer est l'unique façon de pouvoir réellement «accrocher» cette féerie au passage. Car Roy Dupuis, c'est un visage dont chaque millième de mouvement d'un de ses muscles vaut la peine qu'on s'y arrête. C'est un visage agrémenté d'un regard dont chaque centième de seconde vaut le détour.


Mais seuls ceux qui l'aiment déjà et le suivent de près pourront sans doute me comprendre... On a beau rembobiner inlassablement la pellicule, ce que Roy veut nous dire, ou «ne pas dire», nous glisse à chaque fois entre les mains... Mille mots, mille images, mille métaphores ne suffisent pas à «extraire» toute l'étendue du mystère qu'englobent le visage et le regard de cet acteur.


Car, oui, bien évidemment, Roy Dupuis, c'est aussi et surtout... UN REGARD.


Un regard tout aussi animal, énigmatique et singulier que son visage; un regard d'un éclat absolument incontestable. Ou plutôt, incontestablement «éclaboussant».


Un regard dans lequel, en l'espace d'un instant, on peut lire tout un roman ou voir défiler tous les sentiments de la terre. Un regard toujours «décalé d'un temps» qui, soit vous étourdit par sa longevité ou soit, au contraire, vous subjugue par sa fugacité. Un regard qui se place au-dessus de toute forme d'expression, bien aiguisé, percutant, dont seul Roy connaît la recette et qui ne cessera jamais d'intriguer.

Un regard naturellement envoûtant et conquérant qui pénètre «la cible» en profondeur, tout en se voulant détaché; un regard neutre, apparemment vide ou inexpressif qui se veut lointain et réfléchi, mais qui est profondément «à l'écoute»... et qui vous répond de manière cinglante. Un regard troublant dans lequel soit on déchiffre tout ce que l'on veut en fonction de ses propres états d'âme, soit sur lequel on peut s'interroger pendant des heures avant d'en décoder le message.
Un regard qui en dit long et qui n'a aucun besoin de l'appui des mots pour obtenir l'effet désiré.

À l'écran, quel que soit le film où il joue, le rôle qu'il assume, l'air qu'il prend, le profil qui lui ait été assigné ou le lieu où il se trouve, quelle que soit la contenance qu'il se donne, la mine qu'il affiche ou la situation dans laquelle il se débat, qu'il le veuille ou non, Roy «en impose».

Il domine toujours et reste en posture de force, car «tout en lui sent le pouvoir». Roy «domine du regard». Avec cette façon bien à lui de relever légèrement la tête en arrière et de vous toiser froidement du regard, même à terre ou en position d'infériorité, il reste maître du jeu: une lueur glaciale et fulgurante passe dans ses yeux et tout est dit! Son regard est sans appel: il est tout sauf vaincu.


Il m'a d'ailleurs fallu un certain temps avant de comprendre en quoi consistait exactement ce «pouvoir», cette extraordinaire emprise que Roy exerce tout naturellement sur les autres. La réponse me fut fournie par
 Michael Ironside - acteur principal, aux côtés de Roy Dupuis, dans la super série «The Last Chapter» I et II (Le dernier Chapitre - 2002/2003) - au cours d'une scène où il lança à son fils la réplique suivante: "Ne laisse jamais voir aux autres ce que tu penses"

Un art que personne ne maîtrise mieux que Roy!


Bref, comment résumer en quelques mots ce regard prodigieux?
Une fois de plus, le dictionnaire répondit à mes questions:


Roy, c'est... un regard... «bon conducteur de chaleur et d'électricité»!


Une définition se rapportant au terme «métal». Et à laquelle je ne vois vraiment plus rien à ajouter! Un regard «métallique», planté au coeur du pouvoir et d'un univers aux parois argentées: qui mieux que ce Roy,«trempé dans l'acier et gainé de velours», aurait jamais pu interpréter le rôle de Michael dans «La Femme Nikita»?!


Et, étrange coïncidence, j'apprends à l'instant même (Mai 2007) que Roy possède une collection de couteaux (présentée au cours de l'émission Vente de garage sur ARTV, Québec)... Ces lames en métal exercerait-elles un pouvoir de fascination particulier sur lui...?!


Quant à son talent... Après plus de vingt ans de carrière, sa réputation n'est plus à faire. Le jeu de Roy est sans faille. L'acteur n'a pas son pareil pour «incarner les souffrances silencieuses» (Anabelle Nicoud - La Presse du 21/04/2007 dans sa critique du film «That Beautiful Somewhere»); il est désormais capable d'explorer toutes les facettes du conscient et de l'inconscient avec une aisance, un réalisme et une conviction plus que parfaits. Son pouvoir inné de séduction et son assurance acquise en tant que comédien sont tels que, depuis plus de 15 ans, ils lui font décrocher les plus grands rôles, tout comme certains réalisateurs vont jusqu'à lui tailler des films sur mesure.


"There was something in his eyes... Power!"


Puissance du regard, puissance du silence, puissance des non-dits, puissance du corps et de l'esprit...


Un Roy Dupuis aguerri qu'avec impatience nous attendons maintenant de voir aux côtés de Vincent Cassel dans «L'Instinct de mort»...


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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 18:13


 

Si Michael Samuelle est et restera toujours indissociable de Roy Dupuis, il n'en va bien sûr pas de même pour l'inverse. Ce serait d'ailleurs une offense à l'immense talent et à la multitude de personnages interprétés par Roy (et dont on peut avoir un premier aperçu au travers du livre de Danièle Saint-Denis intitulé «Dans les peaux de Roy Dupuis» - Éditions Stanké, Québec).


Restait donc à trouver un dénominateur commun à son succès, à cette célébrité qui ne décroît pas, bien au contraire (depuis 1991, Roy Dupuis accumule les trophées - 2005: Prix Jutra du meilleur acteur dans «Mémoires affectives» - 2006 et 2007: prix du meilleur acteur avec «Maurice Richard» au 19è Festival international de Tokyo et au 27è Prix Génie - 2008: Prix Jutra du meilleur acteur dans «Shake Hands with the Devil»). Une quinzaine de films (longues séries télévisées comprises) m'ont été nécessaires pour appliquer la touche finale au portrait que je souhaitais brosser de lui.


Roy Dupuis est - comme aiment le définir les journalistes - ce qu'on appelle une «bête de scène». Pour ma part, poussée par la ferveur et l'admiration sans bornes que je lui voue, j'irais - et au risque de lui déplaire - beaucoup plus loin dans la description...


"De son corps solidement charpenté irradie une puissance insoupçonnée à l'écran"
  (Danielle Stanton - Article Elle Québec - Décembre 2005)


Car, Roy, c'est avant toute chose, bien évidemment... Une belle gueule.

Mais - inutile de le nier - aussi un beau mâle! Une belle masse de chair ferme dont on croquerait volontiers un morceau, un bel étalon que l'on enfourcherait volontiers pour une escapade dans les bois, une belle peau d'ours sur laquelle on s'allongerait volontiers un soir au coin du feu... Un aspect «croustillant» qui laisse peu de femmes indifférentes...


De marbre quand il vous toise, de velours quand il vous charme, poignant quand il pleure, taquin quand il sourit, ravageur quand il séduit, impressionnant quand il se met en colère, débordant de sensualité lorsqu'il apparaît, olympien lorsqu'il se déshabille, hyper-professionnel lorsqu'il exerce son métier: vous avez fait le tour!


Roy Dupuis est aussi ce que, personnellement, j'aime définir «un homme au carré»: quatre forces physiques qui se confondent et se rejoignent pour former une structure de choc. Le résultat d'une double combinaison heureuse: celle d'un visage atypique à un regard d'exception et d'une musculature d'athlète à une dégaine de top-model. Un socle sur lequel on peut, sans risque, construire une montagne de projets, de scénarios, de personnages et de chimères. Un homme en qui tout cadre à merveille.


Avec un faciès comparable au museau d'un fier et bel animal sauvage et un look à l'allure rebelle, avec une paire d'yeux couleur émeraude, un regard à la Paul Newman, un profil à la Marlon Brando et un charisme à la James Dean qui vous font oublier que vous êtes sur terre, avec une aura, un magnétisme et une photogénie qui crèvent l'écran, on comprend aisément pourquoi la caméra et les réalisateurs l'aiment tant!


Il y a en Roy ce petit «je ne sais quoi» dont j'ai cherché l'explication pendant des années et qui finalement m'est apparue au hasard d'une recherche de synonymes: de lui émane une virilité - avec un grand V - particulière, pas seulement esthétique... Une autre virilité: «intellectuelle, mentale, morale; une virilité de l'âme, de l'esprit, de l'expression, du style» (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 182)... Une agréable et paisible virilité qui reflète tout naturellement la force de son intériorité et qui a trouvé la voie du talent pour s'extérioriser. Une douce et sereine virilité qui lui a permis de se surpasser dans des rôles particulièrement difficiles, dérangeants ou délicats à assumer.


Carré aussi parce que, dans la vie comme sur le plateau, Roy inspire confiance, dégage de l'honnêteté, de la fermeté, de la franchise, de la solidité. Son cheminement est celui d'un homme qui a su reprendre à temps sa vie en main et trouver son équilibre, mais qui n'a jamais cessé de suivre son instinct d'homme des bois, des lacs et des rivières, restant ainsi fidèle tant à ses grands rôles (tel le fougueux Ovila des «Filles de Caleb» en 1990, ou le déchirant Alexis de «Séraphin: un homme et son péché» en 2002) qu'à sa terre et à ses principes.

Homme de tous les défis travaillant sans relâche, Roy a acquis la puissance d'une star affirmée, la gravité et la maturité de l'âge adulte, la crédibilité d'un militant qui va jusqu'au bout de ses convictions et qui, aujourd'hui, nous invite à remonter le cours des fleuves; mais il a aussi su garder la simplicité d'un être dont les frasques ne défrayent jamais la chronique.


Comblé par la vie, il s'est actuellement engagé sur un chemin difficile. Toute sa force et sa sensibilité suffiront-elles à sauver les grandes rivières du Québec du triste sort qu'on leur réserve? Roy a la peau dure: il y a donc fort à parier qu'il nous surprendra encore et qu'il gagnera en tout cas plus d'une bataille!


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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:19
 
Je dirais même, la seule qui ait jamais duré dans ma vie. Et qui sera aussi la dernière. L'aboutissement de soixante ans de solitude affective.


Voilà des années que je tente de trouver les mots pour décrire la puissance physique et émotionnelle que cet homme-acteur dégage, que j'essaie de décrypter son regard, d'exprimer tout ce qu'il m'inspire, tout le bonheur qu'il me procure et tout ce qu'il parvient à m'insuffler.


Roy Dupuis, c'est plus de sept ans de «la dernière de mes sept vies», de sept cycles de vie bien marqués car bien distincts l'un de l'autre. C'est une histoire et une découverte qui commença en 2001 avec «La Femme Nikita»... et sur laquelle je ne parviens toujours pas à mettre le mot fin.

Roy est pour moi un sujet inépuisable. Après avoir brassé des milliers de photos, lu des dizaines d'articles, d'interviews, et vu presque tous ses films, à force de le scruter, de le dévorer des yeux, de faire défiler la pellicule au ralenti, de l'examiner sous toutes ses coutures (je parle bien sûr de son jeu, de ses expressions, du pouvoir qui émane de lui, et non pas de mes fantasmes, restons sérieux), je crois pouvoir dire que je le connais par coeur. Et pourtant, à chaque fois, à chaque visionnement ou revisionnement d'un de ses films ou séries, c'est le même fluide magique qui s'écoule dans mes veines, c'est la même exubérance qui s'empare de moi. La profondeur de son être, l'intensité de son regard et l'immensité de son talent sont devenues pour moi une chose complètement palpable. Roy est le seul acteur au monde qui m'incite à tellement vouloir «en saisir l'insaisissable», tout comme il reste un mystère en moi que je ne parviens pas à percer.


Parce que sa vue m'emplit de tout ce que la vie m'a refusé, je me retrouve souvent sous l'emprise du désir... Désir de pouvoir le rencontrer, de pouvoir croiser son beau regard, de pouvoir lui transmettre toute cette foule de sentiments qui m'anime au travers (peut-être?) d'une chaleureuse poignée de main, ou plus probablement, de larmes qui s'écouleraient sur mes joues... tant l'émotion serait insoutenable!


Mais en y réfléchissant bien, cette rencontre n'aurait-elle pas déjà eu lieu? Lorsque la beauté physique, mentale et spirituelle d'une personne vous est devenue à ce point tangible et familière, lorsqu'une telle passion, une telle fusion «acteur-spectateur» a pu naître de la liberté de rêver, une approche concrète faite d'un bref échange de banalités s'avère-t-elle réellement nécessaire, voire même souhaitable? Pourquoi vouloir briser l'enchantement de ce dernier univers fantasmagorique que je me suis bâti autour de lui pour si peu de chose en échange...?


Mon existence n'aura été qu'une succession de cassures, de déchirures et d'abandons en tous genres. Alors, pour une fois, je m'octroie le droit d'échapper à cette espèce de fatalité: notre rendez-vous n'aura pas lieu, la rupture non plus. Afin de résister aux effets du temps, «notre liaison» continuera de s'enraciner dans l'art, dans l'abstrait et dans la magie d'un regard, d'un rôle, d'une attitude.


Une série plaît parce que, d'une façon ou d'une autre, elle nous renvoie à nous-même. Le refus - ou plutôt, l'étouffement - systématique de la douleur que j'ai pu déceler dans les yeux et dans le comportement de Michael y est certainement pour beaucoup dans le déclenchement de cette passion qui me dévore depuis des années. Au point de passer des journées, des semaines, des mois entiers à fouiller le vert de ses yeux, jusqu'à pouvoir pénétrer au plus profond de son intimité.


Sans Michael et Nikita, je ne serais sans doute plus de ce monde. Roy Dupuis a été l'élément moteur de mon processus de guérison. Par quel miracle? Passion et «remue-ménage intérieur» mis à part, après avoir, pendant un court laps de temps, repris goût aux plaisirs physiques et matériels de l'existence, j'ai fini par adopter leur mode de survie... Au diable les sentiments.


Les paroles s'envolent, les écrits restent. Je tenais donc à pouvoir leur dire, finalement et tout simplement: merci. Merci pour ce double amour - amour pour une série, amour pour un acteur - qui a su me faire renaître à la vie et qui continue de me tenir en vie. Merci pour avoir si intensément rempli ma dernière vie.


Comme disait Roy Dupuis dans «J'en suis!» (Film québécois - 1997):


"Quand on aime, on peut pas toujours expliquer, hein, c'est mystérieux"


 © Michèle Brunel  (Cet article est protégé par   

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:06


Article en cours de préparation

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Présentation

  • : La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • : Un hommage fort et pleinement mérité au génie, au raffinement et au talent de tous ceux et celles qui ont su inventer, réaliser, produire et interpréter cette remarquable, unique et inoubliable série qu'est «La Femme Nikita». Petit clin d'oeil particulier aussi (et surtout) à l'acteur québécois Roy Dupuis qui a miraculeusement débarqué dans ma vie au bon moment...
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