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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 21:04

 

Cher visiteurs,

Pour une consultation facile et rapide, je vous invite à naviguer soit par
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LFN-WB-1.jpg

 

 

«Elle est jeune, elle est belle, très dangereuse... et condamnée à une existence difficile dans un monde dur et clandestin où beauté et danger se côtoient à chaque tournant. Accusée à tort du meurtre d'un policier, Nikita est enlevée et forcée d'adopter une nouvelle vie en tant qu'agent secret pour un service secret du gouvernement nommé Section One... Là où la fin justifie les moyens. Sous la tutelle du fascinant et mystérieux Michael, c'est allant à l'encontre de ses valeurs et principes qu'elle se transformera en machine à tuer très raffinée, vouée à se battre contre toute forme de terrorisme.
Son seul défaut: la compassion...»

 




 

 

28 août 1999

 


Ce qu'il faut savoir sur la série Nikita


 

La série s'inspire largement du film imaginé et réalisé en 1990 par Luc Besson, «Nikita», dans lequel Anne Parillaud défendait le rôle-titre. Dans ce long métrage, l'actrice française campe une héroïnomane qui a été arrêtée après un vol à main armée ayant mal tourné et qu'on a ensuite obligée à travailler pour les services secrets.

 

Peta Wilson, qui tient le rôle de Nikita dans la série télévisée, est harcelée par un policier qui exerce sur elle un affreux chantage. Elle est injustement condamnée pour le meurtre de cet homme de loi et se voit récupérée par une organisation gouvernementale secrète baptisée Section Un, qui entend profiter de ses talents de. .. tueuse. «On croit qu'elle est passablement douée sur ce plan-là», de dire Opérations, celui qui deviendra son patron et que l'on ne connaît que sous ce nom de code. En fait, étant donné que Nikita est victime d'une erreur judiciaire, elle n'a pas nécessairement le profil de l'emploi. Mais, avec l'aide des données qui leur ont été remises, les experts de la logistique et de l'informatique en sont arrivés à la conclusion «qu'elle est parfaite pour ce qui l'attend». De toute manière, Nikita n'a pas le choix: la Section Un, qui a fait croire à son suicide, la liquidera froidement si elle n'obéit pas aux ordres.


Coincée dans un engrenage

 

Il appartiendra aux spécialistes de la Section Un de former Nikita afin qu'elle puisse remplir les missions qui l'attendent. Elle travaillera sous les ordres d'Opérations, le patron de la boîte, et avec un quatuor d'élite formé de la stratège Madeline, de l'informaticien Birkoff, du concepteur Walter et du responsable des missions Michael.


Alors que Madeline lui apprend à se servir de la séduction pour arriver à ses fins - ainsi, Nikita découvre ce qu'il faut porter et, surtout, quand et comment le porter -, Michael supervise son travail de guerrière: il lui enseigne le maniement des armes et les arts martiaux. Son but? En faire une professionnelle sur qui on peut compter: «La Section Un est une chaîne, et un seul maillon défectueux compromet toute la chaîne», cherche à lui faire comprendre Opérations. Nikita doit considérer son nouveau métier comme un travail ordinaire, rien de plus... Pour son propre bien, elle devra donc apprendre à oublier chaque jour les événements dont elle a été témoin ou qu'elle a elle-même provoqués la veille.

 

Au fil des épisodes, un lien de plus en plus étroit et une certaine tension amoureuse s'installeront inévitablement entre Nikita et son maître, Michael. C'est à Opérations et à Madeline que revient le soin de rappeler aux deux agents que les sentiments n'ont pas leur place dans une organisation comme la Section Un. Mais y parviendront-ils?


La super-héroïne du nouveau millénaire


Pour Joel Surnow, le créateur de la télé-série, le succès de «Nikita» s'explique certainement en grande partie par la force incroyable des personnages et par la qualité soutenue de l'écriture et des effets spéciaux. Le fait que Nikita soit la première super-héroïne de la télévision contribue aussi sans aucun doute à expliquer les cotes d'écoute élevées.


«L'agent secret Pepper Anderson qu'incarnait Angie Dickinson dans Police Woman pendant les années 70, note Joel Surnow, était avant tout une femme de tête. Nikita, pour sa part, est essentiellement une femme d'action, comme l'est le personnage qu'a incarné Linda Hamilton dans The Terminator, et celui qu'a interprété Sigourney Weaver dans L'étranger: le huitième passager (Alien). Nikita apprend à utiliser son corps comme un instrument qui peut la sortir de toutes les impasses et à se servir de sa beauté comme d'une arme dont elle maîtrisera vite le maniement. Nikita est la super-héroïne du nouveau millénaire.»


La télé-série a été tournée à Toronto, et chacun des épisodes, qui dure une heure, a coûté 1,9$ million. Au cours d'une émission, on présente une histoire originale truffée de rebondissements, de corps-à-corps, de poursuites et de chassés-croisés de toutes sortes. «Tout est mis en oeuvre pour que le téléspectateur soit littéralement rivé à son siège», confesse M. Surnow. Il ajoute que le personnage de Nikita est idéal pour la télévision: «Le cinéma privilégie l'action, et c'est grâce à celle-ci qu'on comprend la psychologie des personnages. La télévision, elle, montre directement ce que les gens sont vraiment. La télésérie «Nikita» est un heureux mélange d'action et de psychologie. En dépit des zones d'ombre qu'il comporte, le personnage principal est tout aussi fascinant qu'attachant. Le public ne se lasse jamais du «bon» qui a un passé de «méchant».

 

Un pari difficile à gagner

 

Joel Surnow, qui a été associé au succès de la série policière Miami (Miami Vice) pendant les années 80, constate que ses scénaristes ont gagné le pari: ils ont su faire accepter au public américain le concept de l'espionnage international. «En général, le public téléphile nord-américain, dit-il, n'aime pas les actions compliquées qui se déroulent aux quatre coins du monde. Il veut savoir dès le début de l'émission qui sont les bons et qui sont les méchants. Dès qu'on tombe dans des intrigues à la John Le Carré (un écrivain britannique qui a connu un grand succès grâce à ses romans d'espionnage au cours des dernières décennies), on se tire dans le pied...»


Pour entourer Nikita, M. Surnow a choisi des personnages très forts..........................

 

PAR RAYMOND PELLETIER

 

 

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Nikita-008-Operations.jpg


1999-08-7Jours-Madeline-b.jpg
 

23 mars 2015

Le site Internet TVwise annonce aujourd’hui le décès de la comédienne Alberta Watson, samedi dernier, à l'âge de 60 ans.Si l’actrice avait une belle carrière, elle avait surtout brillé par ses seconds rôles. Les fans de séries connaissaient en effet Alberta Watson pour son rôle de Erin Driscoll, la boss de Jack Bauer, dans la saison 4 de la série 24 heures Chrono ou encore pour celui de Madeline dans la série La Femme Nikita (1997 et 2001). Dernièrement, elle jouait dans la saison 2 de la série Nikita.

 

 

 
Nikita-008-Walter.jpg
 

L'acteur, chanteur et musicien de jazz canadien Don Francks est décédé le 3 avril 2016 à l'âge de 84 ans.

 

 

 
Nikita-007-Birkoff.jpg
 
 
 
Source:


Extrait d'un article de 12 pages (-1 manquante) d

Magazine 7 Jours / Spécial Nikita 

 
 

 

Chers visiteurs,

L'article complet fait  partie  d'une  collection-papier privée de 645  pages  de  journaux  &  magazines  (1990-2016)  qui  est

actuellement  EN VENTE SUR E-BAY.

 

 

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 20:04
 
Intro-Section-One          
            

CODE  DE  CONDUITE:

Régime: militaire
Mot-clé: self-control
Fil conducteur: sang-froid
Mots de passe: ordre, rationalité, inhibition des sentiments
Conditions de survie: obéissance aveugle, faire abstraction du passé...

... mais sans pour autant perdre ses compétences!

 
Envie de plaisir et de relaxation? Mieux vaut rebrousser chemin.
Envie de pénombre et de réflexion? Entrez!


 

Une petite parenthèse en vue de présenter ce fabuleux «blockhaus» aux non-initiés s'impose.


La Section One n'est certes pas un lieu de résidence commun. Seule l'élite y est admise... Même si personne n'a demandé à y entrer. Car personne n'en sort vivant.


Même pour les plus grands parmi les grands ou pour les plus brillants d'entre eux, s'en évader est impossible. Rester en vie le plus longtemps possible est le défi principal à relever et vivre avec la hantise de réussir la mission confiée le seul luxe qui soit permis. Un endroit où il ne fait guère bon vivre, à comparer à une sorte de spacieuse prison dorée où, réduit au sort d'un condamné à mort ou «à la perpète», on attend l'heure fatale; un abri protégé où, sous haute surveillance, on s'entraîne à la discipline et qu'on ne quitte que pour aller livrer bataille. «Le monde en dehors de ces murs n'existe pas. Nous sommes des morts vivants!» (Saison 1-E10: Choice)


Où sommes-nous?


Non pas au sein d'une organisation criminelle (à la Section One on ne tue ni gratuitement ni pour des billets de banque, pas plus qu'on ne s'occupe des vulgaires malfrats: aussi paradoxal que cela puisse paraître, et même si la perte d'un homme ne signifie pas grand chose, on tue pour sauver des vies..., à commencer par la sienne) mais en plein coeur d'une institution gouvernementale ultra-secrète dotée d'un arsenal technologique révolutionnaire, terrée quelque part dans le monde et chargée de veiller à la sécurité du globe. Une sorte de plate-forme suspendue entre le ciel et l'enfer. Une sorte de sous-marin en plongée pouvant affleurer à tout moment à la surface de n'importe quel océan. Une sorte de vaisseau planétaire capable d'atterrir n'importe où et à n'importe quel moment de votre vie.


Régie par une charte «des non-droits et des non-libertés de la personne» (à laquelle on n'a pas d'autre choix que de s'adapter) et conçue pour projeter, cultiver et produire le pire comme le meilleur - du moins en matière d'agents, de stratégies et d'instruments -, elle est dirigée d'une main de fer par le très direct et autoritaire Paul, surnommé Opérations (alias Eugène R. Glazer) et son complément naturel, la très aristocratique et diabolique Madeline (Alberta Watson): deux esprits tortueux et pour le moins jamais dépourvus d'imagination...
 

À l'exception de l'appartement de Madeline qui se révélera être l'unique pièce à l'ambiance cossue et feutrée de la maison, on peut dire que - même si, étrangement, tout y sent le confort, l'aisance et le raffinement -, dans cette école de dressage qu'est la Section One, l'ambiance est tout sauf chaleureuse: on y entre de force, on y séjourne bon gré, mal gré, on y perd son identité, on y apprend à se débarrasser de son enveloppe humaine, à maîtriser sa peur, à supporter la douleur, à exceller en tout. Et à mourir en héros. Alors, à défaut de pouvoir y réaliser ses ambitions personnelles, on tente d'y exercer son pouvoir... sur l'autre.

Bienvenue donc dans cette «nouvelle société», dans ce monde différent, sophistiqué et d'avant-garde, dans cet univers sans pitié où on n'a pas droit à l'erreur, où la fin justifie les moyens (et sur lesquels on ne lésine pas), où tout le monde surveille tout le monde, où on vit en permanence avec l'arme au poing et où «on n'a pas le temps de faire du sentiment» (Saison 1-E3: Simone).


À la Section One, le hasard n'existe pas: «Il y a une raison à tout ce que nous faisons» (Saison 1-E10: Choice); de même que rien n'est impossible. Tout y est planifié à la perfection et, à moins d'être protégé des dieux, seules des capacités surhumaines ou les pleins pouvoirs permettent de sauver sa peau, à plus ou moins long terme. Un pouvoir qui y est, bien entendu, totalement désintéressé: seule l'idéologie... et l'instinct de survie comptent. Pas d'honneurs, pas de décorations en fin de carrière: rien que le pouvoir de vie ou de mort sur les autres et, à moins d'un miracle, pas d'autre perspective que de «servir la maison» jusqu'à son dernier souffle...


Car ici l'amour est interdit: outre à faire souffrir inutilement, il rend vulnérable, offusque le jugement et nuit dangereusement à l'efficacité. À la Section One, les mots émotion, chagrin, compassion, humanité sont formellement bannis du vocabulaire. Chaque passion, chaque relation qui vire au sérieux est immédiatement tronquée sous le couvert de morts accidentelles ou de missions suicidaires. Seules les aventures sans lendemain en guise d'exutoire sont parfois tolérées, et même l'amitié y a ses limites; on y raffle donc ce que l'on peut... «Votre relation avec ce service est la seule véritable relation que vous pourrez avoir» (Saison 1-E9: Gray)


Pénétrer la nébuleuse Section One, c'est faire un plongeon hors du temps, hors des frontières, hors du réel; c'est prendre congé des scènes, des paysages, des pulsions et des réactions de la vie courante, des modèles de vie traditionnels. Et ceci tout en traversant la douloureuse réalité de l'actualité. S'intéresser à elle, c'est explorer tous les recoins du génie humain et de l'intelligence artificielle; mais aussi, tous les replis de cette (solide ou éphémère?) «carapace» dans laquelle une âme est capable de se recroqueviller pour échapper à la souffance. Ou en oublier son amère saveur.


Se rallier à sa cause c'est flirter en permanence avec le danger, le deuil, la cruauté et la machination: mais aussi avec la beauté, l'ingéniosité et l'érotisme subtilement déguisé.

L'aimer, c'est être sensible à cette force des liens qui, envers et contre tout, unit les gens entre eux, mais surtout... qui peut aussi unir un spectateur à des personnages et/ou à des acteurs.


Bienvenue donc à la Section One, une enceinte aux multiples étages et corridors gris argent dans laquelle avec un peu de chance, beaucoup d'obéissance et un fort sentiment d'abnégation vous pourrez circuler presque librement...



© Michèle Brunel  (Cet article est protégé par  )
Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 19:04

 

 

«Redoutable  d'intelligence  et  de  séduction,  énigmatique,  félin,  sexy,  ganté  de  noir  et  d'une  beauté  singulière,  Michael,  l'homme  au  mental  et  au  physique  d'acier,  au  regard  envoûtant  et  à  la  voix  de  velours,  fascine  et  attire  comme  un  aimant...»

 

 
 

 

 

 

Si vous souhaitez pouvoir les découvrir, ces yeux pers et ce regard sublime qui n'appartient qu'à lui, je vous invite à vous rendre sur

D'ACIER ET DE VELOURS

les pages consacrées exclusivement à MICHAEL SAMUELLE !

 



Dès les toutes premières scènes, le ton est donné: Michael et Nikita s'affrontent du regard...

Regards intenses et soutenus. Un jeu de pouvoir et de regards sur lequel toute la série sera construite. Un jeu dans lequel tous les acteurs excellent, et qui les élèvera rapidement au rang de vedettes internationales puisque La Femme Nikita sera alors diffusée dans plus de 50 pays. Et, si l'on en croit le magazine québécois L'Actualité, en février 2002, le nom de Roy Dupuis se retrouvait mentionné dans quelque 5.390 sites Web!


Premier épisode: «Nikita». C'est avec l'assurance d'un dompteur de fauves que Michael entre en scène pour «prendre possession» de sa nouvelle recrue. Et s'il y a déjà une certaine autorité dans sa voix, une certaine intransigeance dans son ton, il y aussi beaucoup de douceur...

Il y a certes de la prépotence dans son regard, mais celui-ci est complaisant, sans la moindre dureté, presque souriant. «Le maître» affiche encore un air badin, une allure désinvolte: appellons ça un visage humain... Il est calme, détendu et surtout, bien préparé aux insolences ou aux éventuelles réactions traîtres et violentes de sa prisonnière. Nullement impressionné par les attaques physiques et verbales de ce superbe animal pris au piège, Michael accompagne Nikita auprès de sa nouvelle «maman», la très fine, affable et inquiétante Madeline, laquelle se chargera de la transformer en femme fatale et parfaite femme du monde. Un «sport» qui ne semble d'ailleurs pas trop déplaire à notre belle sauvageonne...


Et Michael? Succombera-t-il? Ou résistera-t-il aux atouts de cette exquise, fière et provocante créature? Rien dans son regard ni son attitude ne laisse présager de la réponse.


Car si Roy Dupuis est un comédien hors pair, Michael est un spectacle à lui tout seul! Tout au long de la série, il portera un masque, jouera un rôle, charmera, mentira, trompera, trahira..., tout en sachant se faire aimer, admirer, respecter et surtout, se rendre indispensable. Il est capable de faire semblant d'être un autre tout en feignant d'être lui-même, et ceci toujours en dissimulant ses propres sentiments. Mais qui est-il donc réellement???

Mystère... Et suspense garanti du début jusqu'à la fin!


Michael... Presque émouvant de gentillesse, de galanterie... et d'ambiguïté... lorsqu'il dîne en tête-à-tête avec Nikita. Alarmant aussi de stoïcisme lorsque, à la fois inquiet et sûr de son coup, il la largue au beau milieu d'un restaurant pour l'envoyer se fourrer dans la gueule du loup et rivaliser avec la mort!


Stupéfiant ce mélange à la fois d'étonnement, de fierté et de flegmatisme lorsque, enfin tirée d'affaire, Nikita, totalement anéantie, s'écroule involontairement dans ses bras...


Affolant de secret, de silence et d'apparente absence d'émotion lorsque, au travers de la vitre, il nous livre son premier - le tout premier d'une longue série - et interminable regard songeur. Ce fameux regard unique et inimitable qui, très subtilement, laisse au spectateur le soin de l'interpréter, le plaisir de percer sa part d'ombre et de lumière.


Car c'est bien ici que Michael/Roy Dupuis laisse déjà éclater toute la force de son talent: il vient de nous dévoiler cette façon, absolument magistrale et qui n'appartient qu'à lui, de «se laisser deviner», de même que cette faculté extraordinaire qu'il possède de «laisser apparaître ce qu'il veut cacher»!


Michael... Délicieux de tentation, de mâle supériorité et de délicatesse lorsque, dans le nouvel appartement que Nikita s'est bien mérité, il s'approche lentement d'elle et lui pose furtivement les mains sur les épaules pour finalement... ne récupérer que sa veste!


Eh oui, soupirez seulement... Et prenez votre mal en patience.


Car, passé maître dans l'art de brouiller les pistes, de vous induire en erreur, d'esquiver les réponses et les confidences, d'apparaître et de disparaître là et quand vous vous y attendez le moins, d'anticiper vos mouvements et de lire dans vos pensées, de vous faire les yeux doux sans toutefois vous daigner d'un sourire - et surtout, sans que vous sachiez si vous lui plaisez vraiment, s'il vous aime ou vous manipule, s'il vous protège ou vous tend un piège! -, maître dans l'art de s'éclipser après vous avoir effleuré la joue du revers de sa main et vous avoir caressé de sa voix enjôleuse, après avoir plaqué son corps moins de trente secondes contre le vôtre..., Michael vous fera languir (sinon perdre la tête) pendant 4320 minutes!!!


Michael... Impressionnant d'incrédulité, de gravité et d'aplomb lorsque, d'un regard à la fois imposant et implorant, il scrute les yeux de Nikita... qui tient son arme braquée sur lui, prête à faire feu... En tant qu'instructeur, de quoi s'en enorgueillir!



© Michèle Brunel  (Cet article est légalement protégé par  )

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 18:04

 

 

 

 

Oh non, ce n'est pas par hasard que je souhaite m'attarder sur le personnage de Madeline, sublimement interprété par la très grande et très belle Alberta Watson, mais - chose qui ne devrait échapper à personne - bien en raison de ses multiples ressemblances avec celui de Michael (à qui ce blog est en grande partie consacré): les similitudes entre eux sont telles qu'elles méritent absolument un chapitre à part. Les différences sont infimes, mais frappantes.
 

S'il fallait décerner un «Prix Mystère» et déterminer lequel des deux est le plus intrigant et le plus troublant, le jury n'aurait certes pas la tâche facile! Car, du début jusqu'à la fin, Michael et Madeline resteront une parfaite énigme et ne seront qu'un point d'interrogation: jamais ils ne dérogeront à cette règle. Scruter l'expression du visage ou le regard de Madeline est aussi fascinant que tenter de percer le secret des pensées de Michael: mêmes portes closes, même façon de se blinder contre toute atteinte à leur intimité, de masquer et de refouler leurs sentiments tout en laissant passer un fragment de branle-bas intérieur, de souffrance, de réponse, d'approbation ou de mécontentement; un même jet d'eau et de feu qui vous glace, vous confond ou vous incendie selon les circonstances. Un même regard «d'acier et de velours» tout aussi inquisiteur et dont seule la couleur des yeux fait la différence, le marron foncé de Madeline lui conférant plus de dureté.


Tous deux parfaits dans leur rôle de second: même dévouement, même discrétion, même «maestria», même façon de manoeuvrer et de diriger dans l'ombre. Même impassibilité, même pragmatisme, même rigueur, même précision, même ton avenant... et faussement conciliant.

Même «arôme», même «saveur»... Même douceur angélique, même intelligence diabolique, même apparence flegmatique, même patience stratégique; un même «subtil mélange de contraires, de contrastes et de contradictions»... Même voix enchanteresse, même élégance, mêmes manières courtoises, même sagesse, même charme glacé: tous deux «se dégustent» de la même façon.


Car Michael est en fait la réplique masculine de Madeline: beau, fin, distingué, cérébral, perspicace, décontracté, ton toujours égal, nerfs solides... Deux calculateurs hors pair passés maîtres dans l'art de voir venir les coups, de les anticiper et de les contrer à la vitesse de l'éclair: façonnés de manière identique et tellement semblables qu'ils ne peuvent que finir par se défier et se mesurer l'un à l'autre, par rivaliser d'ingéniosité et de savoir-faire. Chaque échange ou confrontation prend des allures de duel, de compétition et de manipulation insonore. Un concours de ruse, de froideur, d'insensibilité, de «mécanisation»... Le regard plus que magnétique de Michael contre le sourire plus qu'énigmatique de Madeline... Deux êtres aussi attirants qu'inquiétants et dont le paradoxe est flagrant: tous deux «rayonnent», «dominent»... essentiellement par leur effacement et leur plasticité! Par l'immobilité du regard, du visage et du corps... Pas un trait, pas un battement de cils, pas un mouvement ne trahit l'émotion. Le silence est d'or.


Mêmes prédispositions: réserve, retenue, calme olympien, humeur invariable. Mêmes «premiers de la classe» à l'école... de la mort! Tous deux sont capables de se montrer odieux. Tous deux jouissent d'un flair, d'un sang-froid et d'une assurance qui ne leur font jamais défaut. Même façon aussi d'esquiver les réponses ou de répondre sans répondre, de mettre les gens mal à l'aise, de les placer dans l'impossibilité de distinguer le vrai du faux, de semer le doute dans les esprits. Même don pour «donner l'impression» que..., de..., d'être... ou d'avoir quelque chose... qu'ils ne savent, n'ont ou ne sont peut-être pas...


Leurs différences?


Leurs années d'expérience. Le temps et les épreuves qui ont forgé le caractère de Madeline et l'ont rendue invulnérable. Un processus de «déshumanisation» totalement accompli et réussi. Un «produit fini» parfait. S'il est un produit haut de gamme, Michael est, en evanche, encore «en voie de finition»...
 

Des deux, Madeline est certainement la plus redoutable, car elle a atteint le plus haut grade «d'impénétration» possible et frise même la cruauté. Mais jamais la folie meurtrière ou l'acte déraisonné. Comme tout le monde à la Section One, elle a appris à ses dépens. Et fini par faire table rase de ses souvenirs - qu'on imagine aisément douloureux -, par accepter de ne plus vivre que pour son travail. Au point de savoir même résister à l'amour... Et aux avances d'Opérations... dont elle ne se sert dorénavant plus qu'occasionnellement pour son plaisir. Un résultat qu'elle devrait résolument pouvoir obtenir de Michael et Nikita...


Mais si Madeline s'est finalement résignée à son sort et a juré loyauté à Opérations auquel elle rend compte de tout, Michael, bien que docile et discipliné, restera par contre toujours foncièrement ingouvernable. Sa force? Faire cavalier seul et rester secret, pour le meilleur et pour le pire.
 

Si Michael et Madeline ont opté pour une attitude semblable, ils assoient toutefois leur pouvoir différemment. Alors que Michael envoûte par l'éclat, la force, la beauté et la vie intrinsèques de son regard, par l'étrange mélange de placidité et de gravité de son expression, par sa façon coulante ou parfois tranchante de «susurrer» plutôt que de parler, Madeline de son côté, outre à la dangerosité de son noir regard, désarçonne par le timbre délicat de sa voix et la perfidie de son sourire engageant: un savant dosage d'affabilité et de machiavélisme, de sérénité et de sévérité, de menace et de réconfort, le tout oscillant constamment entre compréhension et implacabilité, entre doigté et agression sournoise. Saupoudrez le tableau d'un voile de mélancolie, d'ironie et d'amertume... et vous obtenez Madeline!
 

Une Madeline/Alberta Watson fabuleuse, car tout aussi imperturbable et difficile à décrypter que Michael. Leur complexité rend leur analyse incontournable. Et leur présence au sein de la Section One indispensable.
 

Mais aussi...
 

Une Madeline fière et altière dont le style et la subtile beauté n'ont d'égal que la sensualité et la féline beauté de Michael!


«La gestion de l'allure se professionnalise et rien n'est laissé au hasard, en commençant par le visage, la façon de se coiffer et de se maquiller» (Citation)
 

Même si contrastant fortement avec l'éblouissante, blonde, sauvage et toujours très colorée Nikita, la brune et brumeuse Madeline n'en est pas moins extrêmement belle et séduisante. Malgré son rôle austère et sa sobriété vestimentaire, il est une évidence à laquelle il faut se rendre: sa féminité crève l'écran! Au point qu'on serait tenté de respirer son parfum - ou celui des fleurs dont elle s'entoure - si l'on pouvait... Une féminité à la fragrance de vanille qui s'impose tout naturellement, sans besoin d'artifices: sans bijoux ni accessoires ou décolletés plongeants, Madeline est la représentation parfaite de la beauté dans la simplicité.
 

Femme d'influence, très femme du monde et femme jusqu'au bout des ongles, Madeline se démarque tant par sa finesse d'esprit que par sa classe, sa distinction, sa bienséance. Jamais un écart de langage, un mot plus haut que l'autre ou un geste déplacé. Un aspect extérieur en parfaite harmonie avec son équilibre intérieur.
 

Aimée ou détestée, Madeline est un personnage qui n'en reste pas moins un exemple de bon goût, de dignité et de courage à suivre. Une reine dans la nuit qui, jusqu'à son dernier souffle, respectera les règles qu'elle dicte aux autres. Elle fait son boulot, et le fait bien.
 

Bye bye Madeline, we really enjoyed!

 



© Michèle Brunel  (Cet article est légalement protégé par  )

Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.




==>   MY ENGLISH TRANSLATION   <==


 
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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 17:04

 

 

Nikita-Vintage-1



 

Septembre 2009

 

 
«J'ai été accusée injustement d'un crime horrible et condamnée à passer le reste de ma vie en prison. Une nuit, je fus prélevée de ma cellule et emmenée dans un endroit appelé “Section Un”, le plus grand groupe anti-terroriste ultra-secret au monde. Leurs buts sont nobles, mais les moyens utilisés impitoyables. Si je ne rentre pas dans leur jeu, je mourrai...»
 
 
C'est sur ces mots terribles que commence le drame d'espionnage La Femme Nikita. Basée sur son homonyme de Luc Besson, un film de grand style à l'enseigne du sombre-obscur et de marque française réalisé en 1990, la série a pour protagoniste une jeune femme qui, chassée de chez elle, se retrouve à vagabonder dans les rues de la ville. N'ayant pas d'autres attaches familiales, elle est recrutée par une organisation secrète sans scrupules et sera formée pour devenir un des nombreux agents [tueurs professionnels] déjà à leur service. C'est à la fascinante ex-modèle Peta Wilson que l'on fit appel pour donner un visage à Nikita, grande vedette de la série.
 
Un choix à contre-courant si l'on pense au visage que le réalisateur français avait choisi pour interpréter Nikita au grand écran: Anne Parillaud. Et si ensuite, on se tourne vers le remake américain du long métrage français - Point of No Return (1993) - on remarque ici aussi un choix pour une héroïne complètement différente de Peta Wilson: Bridget Fonda.
 
Il faut dire que l'histoire d'une jeune femme qui finit esclave d'un groupe (peut-être) anti-terroriste et se voit jetée, contre sa volonté, dans un inextricable monde violent, commence tout de même à passionner Européens et Américains, mais pas seulement! Après avoir conquis les vieux et nouveau continents, l'histoire de Nikita arrive au fil du temps jusqu'en Asie où seront produits de multiples autres remakes [de Black Cat (1991), Prisoner Marie (1995)...] centrés sur des “filles au revolver”.
 
Vu l'énorme succès international, on pouvait légitimement s'attendre à ce que cette série d'espionnage génère d'autres remakes, également en télévision. Nous parlons cette fois d'une seconde série, après LFN, dotée d'un budget plus consistant, intitulée Alias et signée J.J. Abrams. Mais pour les ressemblances entre LFN et Alias nous laisserons plus loin la parole à Billie Doux, une opinioniste de téléséries qui a confronté les protagonistes et l'intrigue des deux séries. Pour notre part, nous restons concentrés sur La Femme Nikita.
 
La trame tourne autour de Nikita, recrutée par la Section Un après avoir été injustement accusée d'un homicide jamais commis. L'agence a simulé sa mort, a rayé son identité, l'a formée pour devenir opérationnelle au cours de missions de grand danger, et surtout, en a fait une tueuse de premier ordre. La jeune femme ne cesse de penser à sa vie d'avant et à sa liberté perdue, mais la Section Un surveille de près les moindres faits et gestes de ses agents, les contraignant à devenir de parfaits assassins, toujours obéissants et fidèles à un rigoureux code et style de vie créé pour garantir le secret et la sûreté de l'entière organisation. D'autre part, les chefs de la Section Un, Opérations et Madeline, voient clairement dans les émotions un signe de faiblesse, et c'est pourquoi ils font tout pour que les agents ne se laissent pas distraire par d'inutiles histoires d'amour ou de liens familiaux, si ce n'est en mission, sous couvert d'une mise en scène.
 
Nikita est donc une héroïne isolée dont la vie sociale en dehors de la Section Un est pratiquement inexistante. Déjà dès la première saison, le téléspectateur assiste pourtant à la désespérée et continue tentative de la jeune femme de se créer une vie propre, loin du “travail”, d'abord en se trouvant une amie - sa voisine Carla (Anais Granofsky) - et ensuite un homme à aimer - l'architecte Gray Wellman (Callum Keith Rennie). Mais la Section Un met en place tous les stratagèmes possibles afin que Nikita ne puisse trouver ni véritable amour ni vraie privacy: d'abord on tapisse tout son appartement de caméras cachées qui la surveillent 24 heures sur 24, puis on la bombarde par téléphone d'appels au travail aux moments les moins opportuns, ne lui laissant ainsi aucune possibilité d'évasion.
 
Un des plus anciens agents est Michael. D'abord son mentor puis son amant, Michael est avant tout le commandant en chef de Nikita dans les missions “sur le terrain”. Il est le seul à avoir accès aux plus hautes sphères de la sécurité, mais son amour grandissant pour Nikita et l'accroissement de son expérience dans le secteur amèneront les chefs de la Section Un à craindre un “putsch” [tentative de prise de pouvoir] et à le mettre de plus en plus en difficulté au point même d'envisager son “annulation”.
 
La relation entre Michael et Nikita est sans nul doute le vrai coeur de la série. C'est une relation complexe qui dure tout au long des cinq saisons et qui tient les fans en haleine jusqu'au dernier épisode. Leur histoire baigne dans l'incertitude et ceci ne fait qu'augmenter l'attente du téléspectateur qui se colle à l'écran avec un seul désir: savoir comment ça va finir pour ces deux amants maudits.
 
Dans la première saison, les fans ont cru que Michael utilisait Nikita comme un pion, la manipulant dans le seul but de la rendre parfaite pour la Section Un. Mais dans la deuxième et troisième saison, l'homme semble moins manipulateur et la relation avec Nikita mûrit en réponse à l'hostilité de l'organisation-même.
 
Même quand la Section Un ordonne à tous les deux de mettre un terme à leur relation, ni Michael ni Nikita ne réussissent à le faire. L'intérêt obsessif de Madeline et Opérations les amène à décider d'éloigner définitivement Nikita de Michael en recourant à une redoutable méthode de lavage de cerveau qui annihile toute forme de faiblesse et d'émotion. L'épisode “On Borrowed Time” jette les fans dans l'angoisse et la tristesse... Après le terrible traitement, Nikita succombe aux perfides désirs de l'organisation en prononçant à Michael les mots qu'il craignait d'entendre: “I don’t love you anymore – Je ne t'aime plus”.
 
Cette love story a donc été primordiale pour le succès de la série, rejoint surtout grâce à son étendue internationale et à l'attention de ses fans qui ont commencé à se regrouper sur la toile pour discuter des épisodes et de ses acteurs: Peta Wilson (The League of Extraordinary Gentlemen) comme annoncé, dans le rôle de Nikita; Roy Dupuis (Mémoires affectives) dans la peau de Michael, le mentor et l'amant; Matthew Ferguson (Cube 2: Hypercube) en Birkoff, le génie en informatique; Don Francks (Johnny Mnemonic) dans le rôle de l'expert en armes et munitions, Walter; Eugene Robert Glazer (The Five Heartbeats) en tant que grand méchant chef, Opérations, et finalement, Alberta Watson (Hackers) l'interprète de la brillante stratège, Madeline.
 
Ce qui, au-delà du romantisme décrit ci-dessus, m'a fait regarder la série de façon quasi religieuse, ce sont les sentiments et les émotions qui ont caractérisé la vie de la protagoniste, mais aussi les subtils regards et les constants sous-entendus qui m'ont menée au dernier épisode avec toute l'anxiété et l'inquiétude de connaître la fin des pérégrinations des divers personnages. Des dialogues pleins de doutes et d'imprévus couronnés d'une colonne sonore très évocatrice grâce à l'excellent thème principal de Mark Snow et aux morceaux des artistes comme Mono, Curve, Enigma et Morphine.
 
Pour beaucoup de téléspectateurs, LFN a été, plus qu'un rendez-vous, un “rituel” hebdomadaire, et ceci grâce aux thèmes de la série basées sur ses récurrentes incertitudes, sur la recherche continue du bonheur et de la fidélité. Actuellement au programme de la chaîne Rete 4 et bien qu'il s'agisse d'une rediffusion, la série continue de conquérir le public, de le séduire et de l'émouvoir comme si elle en était à sa première vision. Si vous aimez le genre et que ces thèmes vous sont chers, La Femme Nikita est un rendez-vous que nous vous suggérons de ne pas perdre.
 
 
 
Source originale:
 

Traduction: Michèle Brunel

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 18:43

 


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La Femme Nikita, une série déclarée cliniquement morte? Reléguée aux oubliettes?
ALORS RESSUSCITONS-LA!

 

Sidérée par le peu de place et de résonance que l'Europe a accordé à cette série d'avant-garde aussi fascinante qu'intelligente que tout le monde semblait avoir déjà oubliée et qui, dans les classements, se retrouvait mise de côté comme si ça ne valait même plus la peine d'en parler, j'ai décidé de la remettre à l'honneur et de vanter haut et fort les mérites qui lui reviennent de droit.
 

Car, s'il y a une fiction qui aurait dû battre tous les records d'audience et se voir attribuer les meilleurs prix, c'est bien La Femme Nikita! Considérée alors comme «violente» (estimation, de nos jours, complètement dépassée et sur laquelle je reviendrai par la suite), elle ne fut diffusée qu'après minuit, ce qui limita fortement son public et la priva d'une frénésie qui avait pourtant déjà gagné l'ensemble de la planète.
 

Placée sous le signe du danger, de la beauté et de la clandestinité, La Femme Nikita est bien plus qu'une simple série. Son analyse, tant sur le fond que sur la forme, a de quoi remplir un livre entier. Ce qui a d'ailleurs déjà été fait en anglais, au travers de «Inside Section One» (par Christopher Heyn - http://www.povpress.com/ - un ouvrage sorti à l'automne 2006, mais auquel par manque de temps et de maîtrise suffisante de la langue je n'ai malheureusement pas encore pu m'attaquer).
 

Et je puis vous assurer qu'avec une telle combinaison d'arts et de talents, établir un classement par ordre de grandeur de ses qualités n'est pas chose facile. Le secret de sa réussite ne se limite pas à un ou deux éléments: la série a rassemblé une telle armada de «forces spéciales» tant sur ses champs de bataille qu'au moment de sa construction qu'il aurait fallu pouvoir les aligner toutes au premier rang. À regret, je dois cependant me résigner à les énumérer l'une à la suite de l'autre.
 

1. «La force des personnages»
 

Une série est avant toute chose un groupe de personnes qui vont nous tenir compagnie pendant des dizaines d'heures, voire même des années. Inutile donc de nier l'impact que les comédiens peuvent avoir sur nous: la valeur de l'artiste est essentielle, son charisme primordial et sa beauté un grand plus considérable. Un concept que les créateurs de La Femme Nikita avaient bien assimilé: ils ont su travailler leurs personnages à fond sans pour autant sombrer dans la caricature, la folie ou l'irréalisme des thrillers psychologiques. Et, avec en guise de pilier central, ce clan de six figures aussi marquantes qu'attachantes qu'ils fouilleront jusqu'au plus profond de leurs pensées, de leur amertume et de leur capacité de résistance, ils ont réellement fait «bingo»!
 

 «On peut sans contredit expliquer le succès de la télé-série Nikita par la force de ses personnages» (Raymond Pelletier - Article du Magazine 7 Jours N° 43 du 28 août 1999)
 

Une citation avec laquelle, de toute évidence, on ne peut qu'être d'accord. Et à laquelle je rajouterais: par la force «des physionomies», «des regards» et «des personnalités» des acteurs interprétant les différents personnages, chacun d'eux témoignant d'un type ou d'un éclat très particulier; mais aussi, par la judicieuse «sélection» et «association» de ceux-ci.
 

Des personnages tellement forts qu'on a un mal fou à s'en détacher; tellement proches qu'on aurait envie de leur parler, de les toucher, de leur prendre la tête entre nos mains. Des personnages tellement intenses qu'on vit chaque fin d'épisode comme une cruelle séparation. Des personnages tellement isolés dans leur tour d'ivoire qu'on aurait envie de leur crier: «courage, on est là, on vous aime!»... Des personnages tellement torturés et à qui aucune voie d'issue n'est permise qu'on voudrait pouvoir les soulager et les libérer. Des personnages qui ont développé de tels mécanismes d'autoprotection, qui ont atteint un tel niveau à la fois d'assurance et de résignation qu'on finit par les envier. Des personnages de proue qui «s'emboîtent» tellement bien l'un dans l'autre que l'absence de l'un d'eux dans un épisode crée aussitôt un vide. Des personnages qui, bon gré, mal gré, forment une famille dont les membres ne sont unis que pour le pire, mais à laquelle, finalement, on serait presque fier d'appartenir.
 

Des personnages tellement beaux que, des années après, certains en rêvent encore...


2. «La force du son et de l'image» ... qui prend ici une ampleur inhabituelle.
 

Ou plutôt, une gestion du son et de l'image exceptionnelle. Car, même si on ne prend pas toujours immédiatement conscience de l'effet magique et de l'influence énorme qu'elle exerce sur nous, La Femme Nikita se démarque également et principalement par la force et la beauté de la musique qui l'accompagne.
 

Un fond musical époustouflant et quasi ininterrompu qui nous berce du début jusqu'à la fin, qui vient «répondre» aux questions qu'on se pose, qui souligne chaque tableau, chaque situation, chaque conversation d'une façon absolument remarquable. Une musique qui, même en plein coeur de l'action, prend souvent le pas sur les dialogues, couvre le bruit des armes à feu ou comble les silences de manière plus qu'éloquente. Une musique d'ambiance qui apaise les sens ou au contraire ouvre la porte au suspense. Un générique et une bande sonore aussi pénétrants que les innombrables «face to face» et les vertigineux jeux de regards qui font de cette série un chef-d'oeuvre non seulement musical mais également cinématographique. Une musique surprenante d'efficacité, étonnamment chantante, vibrante et entraînante qui ne vous lâche pas d'un pas. Une musique qui est l'oeuvre d'un compositeur de génie et dont le balancement régulier entre animation et lenteur, entre ardeur et douceur fait rapidement oublier la violence des thèmes abordés.
 

Et si la splendeur et la continuité de cette musique vous avaient échappé, il n'est jamais trop tard pour vous rattraper: fermez les yeux et écoutez...
 

Viennent ensuite «les gros plans», une autre des principales caractéristiques de la série: une caméra souvent et longtemps braquée sur des paires d'yeux magnifiques, sur des visages qui rivalisent de charme, de photogénie, de perfection ou de singularité et qui monopolisent l'écran. Un objectif qui scrute inexorablement chaque ride, chaque cerne, chaque grain de peau, chaque fissure des lèvres, chaque battement de cils, chaque perle... de larme ou de sueur. Un zoom qui, tel un prédateur à l'affût, fixe chaque prouesse ou raté artistique, guette l'ombre d'une variation, d'une contraction musculaire ou d'une fluctuation de l'âme. Une sorte de «visite prolongée» dans les abysses de l'expression et dans la quintessence du talent. Un procédé audacieux qui confère aux personnages une emprise inouïe sur le spectateur et que seuls de très grands acteurs pouvaient soutenir avec pareille insistance. Rien ne leur est épargné: la moindre pensée, le moindre réflexe ou calcul mental, la moindre transition d'un sentiment à l'autre, d'un changement d'humeur, sont décryptés, capturés, et transposés en bravoure artistique.
 

3. «La force du mystère et des non-dits»

... est, indéniablement et à égalité avec les précédentes, une autre des locomotives de la série.Tout enrober de silence et de mystère, garder le secret sur tout et faire planer le doute sur tout le monde, voilà une recette qui fonctionne à merveille! Et, dans La Femme Nikita, tout a été mis en oeuvre pour entretenir ce genre d'ambiance.
 

Dans ce centre de contre-espionnage interne qu'est la Section One, on vit perpétuellement dans le mensonge et dans le secret. Tout se fait en cachette, rien n'y est jamais complètement blanc ou noir, rien n'est jamais tout à fait vrai ou faux; «la maison» recèle quantité de niveaux inaccessibles, tout y est chiffré et indécodable, tout ce qui s'y dit ou s'y fait a une saveur de cadeau empoisonné. L'inconnu, le flou et l'ambiguïté s'insinuent partout et jouent avec nos sentiments.
 

Chacun y vit dans son propre bunker, les échanges se font en aparté (quand ils ne prennent pas des allures de conciliabule) et l'énigme qui entoure la vie des personnages est soigneusement préservée. On ne peut que deviner, imaginer, supposer, pressentir, soupçonner... mais jamais juger! Leur passé ou les explications à leur comportement ne sont dévoilés qu'au compte-gouttes et toutes les précautions sont prises pour brouiller les pistes à qui tenterait de remonter à la source de ses problèmes.
 

À la Section One, il n'y a pas de fenêtres: elle est située à 150 mètres sous terre. Elle doit refléter le sérieux, à la limite de l'austérité, d'un poste de commandement militaire. Le milieu ambiant baigne donc toujours dans une sorte de grisaille et de froideur: métal, lumières artificielles, architecture ultramoderne réduite à l'essentiel et écrans partout. À lui donner de la couleur, ce seront les personnages; à l'illuminer et à tenter de l'humaniser, ce sera Nikita!
 

Même à l'extérieur, les scènes sont le plus souvent tournées dans la pénombre ou par temps hivernal, tout comme des lieux isolés, désertés ou souterrains servent généralement de décor. Brouillard, brume, neige, pluie, nuages, caves, tunnels, parkings et galeries en sous-sol, usines et entrepôts désaffectés, boîtes de nuit contribuent largement à renforcer ce ton quelque peu lunaire et ténébreux chargé de mystère qu'on voulait lui apporter. Dans La Femme Nikita, le dépaysement est total: n'y cherchez pas un quelconque rapprochement avec la vie de tous les jours. Le voyage que cette série vous fera entreprendre ne ressemble à aucun autre: il sera nocturne, planétaire, cérébral et intérieur...
 

Mais si elle est principalement basée sur des êtres taciturnes, des lieux obscurs et des secrets bien gardés, elle repose également sur tout ce qui peut venir alimenter «les non-dits».

Car, dans les dédales de la Section One, en dehors des exigences de travail, le silence est d'or. On y parle le moins possible, on répond le moins explicitement possible aux questions et, si l'on peut, on s'applique à semer le doute dans les esprits: à chacun de se débrouiller et de tirer ses conclusions. Et, si réponse il y a, elle sera de préférence donnée de manière voilée, subversive ou évasive: gare à trahir le véritable fond de sa pensée! Ici, tout le monde bluffe, joue double-jeu, fait semblant de... Chaque dialogue, colloque ou conversation est aromatisé de ruse, de sous-entendus, de faux-fuyants, de contrevérités, d'aveux suivis de désaveux, de promesses non tenues, de coups bas, de fausses accusations ou de preuves falsifiées. La duplicité et la tromperie sont partout et à tout il y a une double lecture: chaque mot, chaque phrase, chaque silence, chaque regard, chaque sourire, chaque moue cache un piège. Les paroles sont à double sens, les missions ont souvent un double objectif et un plan en occulte souvent un autre; certains agents sont contraints de mener une double vie, d'autres sont carrément doubles et tentent tant bien que mal de masquer leur double nature ou leur double visage...
 

Mais ne vous y méprenez pas: malgré ce tableau plutôt sombre, l'atmosphère à la Section One est galvanisante! L'endroit a une âme. Face au danger, en dépit du règlement, on risque sa vie pour s'entraider et on se serre les coudes. Quant à l'effervescence des amours interdits, à la force des connivences et à la chaleur de l'amitié, rien ni personne ne pourra les empêcher de se répandre en coulisse...
 

4. «La force des répliques»
 

La Femme Nikita est une série bourrée d'astuces: outre à l'insolite de son cadre de vie, elle a préféré nous bombarder d'émotions plutôt que d'effets spéciaux, a misé sur les délices de la vue et de l'ouïe plutôt que sur le vacarme, la bousculade ou les interminables courses poursuites; elle a donné la vedette au brio de quelques acteurs plutôt qu'à un méli-mélo de protagonistes quelconques; elle a opté pour la force et l'authenticité des mots plutôt que pour une valse de réflexions inutiles et de détails superflus. «L'art de la répartie» (ou aussi, de «savoir placer les bons mots au bon moment») est en effet un autre de ces éléments que l'on pourrait classer en tête des grandes spécificités de cette fiction.
 

Des dialogues concis et pertinents, des propos mordants, des répliques directes et cinglantes, «des flèches en plein coeur», des réponses brillantes, pleines d'esprit et d'ironie, de mélancolie ou de sagesse - dont bon nombre resteront à jamais gravées dans les mémoires -, voilà ce qu'on retiendra également de ces palpitantes 72 heures d'intrigue et d'aventure. Exactitude des mots, langage entremêlé de regards incisifs manié comme une arme, quel meilleur choix pour souligner le climat tendu et, surtout, «le ton» flagrant de «défi» qui va dominer toute la série.
 

Un ton de confrontation, d'exercice de pouvoir et de rapport de forces permanent. Un ton tranchant et percutant qui n'autorise aucun débat mais qui vise à «clouer le bec» à l'adversaire ou à l'interlocuteur... Qu'il soit maquillé par l'air consterné ou révolté de Nikita, par le sourire mielleux et le calme inébranlable de Madeline, par les manières rudes et railleuses d'Opérations, par l'apparence naïve et docile de Birkoff, par la figure paternelle et l'aspect rieur de Walter ou par l'assurance tranquille et le charme traître de Michael, qu'il soit amer ou autoritaire, sarcastique ou «chattemiteux», grave ou enjoué, glacé ou nuancé, tendre ou uniforme..., le ton donné au départ s'installera et demeurera: laconique et provocateur, il est une invitation à la bravade. La sagacité de chacun des personnages est constamment évaluée et mise à l'épreuve: ils devront se mesurer non seulement au danger mais aussi, et surtout, l'un à l'autre... Quand ils ne seront pas amenés à devoir se piéger l'un l'autre ou encore, à se dresser l'un contre l'autre...


Le défi est donc omniprésent et s'accorde à merveille avec le système instauré et la forme d'expression adoptée: chaque réplique tombe comme une menace, chaque mot comme une sentence; chaque échange cache une mise en garde ou une nouvelle sombre prédiction, chaque confidence un possible mensonge, chaque répartie une tentative d'affirmation ou de prise de pouvoir. Chaque silence est lourd de sens, chaque argument avancé est soit d'une perfidie renversante soit d'une justesse remarquable.
 

À la Section One, on ne discute pas, on dialogue peu, on ne parle pas pour ne rien dire, on ne se confond pas en excuses et, surtout, on ne se perd pas dans les explications! Les propos qu'on y tient sont tous minutieusement pesés, calculés et clairement prononcés. Les «briefings» sont restreints au strict nécessaire et expéditifs; les entrevues «accordées» et les conversations «concédées» sont brèves, les discours sans fioritures, les ripostes promptes et bien aiguisées. Au point que chaque phrase en devient presque sacrée... Spécialement lorsque Michael s'en mêle et que, drapées de mystère, elles sont trempées dans un bain de douceur et de délicatesse avant d'être servies au destinataire... À ne pas perdre de vue toutefois: même dans ces moments de magique volupté, son ton reste le même: il est sans réplique!


(à suivre...)


© Michèle Brunel  (Cet article est légalement protégé par  )

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