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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 20:58
 

 

Oh non, ce n'est pas par hasard que je souhaite m'attarder sur le personnage de Madeline, sublimement interprété par la très grande et très belle Alberta Watson, mais - chose qui ne devrait échapper à personne - bien en raison de ses multiples ressemblances avec celui de Michael (à qui ce blog est en grande partie consacré): les similitudes entre eux sont telles qu'elles méritent absolument un chapitre à part. Les différences sont infimes, mais frappantes.
 

S'il fallait décerner un «Prix Mystère» et déterminer lequel des deux est le plus intrigant et le plus troublant, le jury n'aurait certes pas la tâche facile! Car, du début jusqu'à la fin, Michael et Madeline resteront une parfaite énigme et ne seront qu'un point d'interrogation: jamais ils ne dérogeront à cette règle. Scruter l'expression du visage ou le regard de Madeline est aussi fascinant que tenter de percer le secret des pensées de Michael: mêmes portes closes, même façon de se blinder contre toute atteinte à leur intimité, de masquer et de refouler leurs sentiments tout en laissant passer un fragment de branle-bas intérieur, de souffrance, de réponse, d'approbation ou de mécontentement; un même jet d'eau et de feu qui vous glace, vous confond ou vous incendie selon les circonstances. Un même regard «d'acier et de velours» tout aussi inquisiteur et dont seule la couleur des yeux fait la différence, le marron foncé de Madeline lui conférant plus de dureté.


Tous deux parfaits dans leur rôle de second: même dévouement, même discrétion, même «maestria», même façon de manoeuvrer et de diriger dans l'ombre. Même impassibilité, même pragmatisme, même rigueur, même précision, même ton avenant... et faussement conciliant.

Même «arôme», même «saveur»... Même douceur angélique, même intelligence diabolique, même apparence flegmatique, même patience stratégique; un même «subtil mélange de contraires, de contrastes et de contradictions»... Même voix enchanteresse, même élégance, mêmes manières courtoises, même sagesse, même charme glacé: tous deux «se dégustent» de la même façon.


Car Michael est en fait la réplique masculine de Madeline: beau, fin, distingué, cérébral, perspicace, décontracté, ton toujours égal, nerfs solides... Deux calculateurs hors pair passés maîtres dans l'art de voir venir les coups, de les anticiper et de les contrer à la vitesse de l'éclair: façonnés de manière identique et tellement semblables qu'ils ne peuvent que finir par se défier et se mesurer l'un à l'autre, par rivaliser d'ingéniosité et de savoir-faire. Chaque échange ou confrontation prend des allures de duel, de compétition et de manipulation insonore. Un concours de ruse, de froideur, d'insensibilité, de «mécanisation»... Le regard plus que magnétique de Michael contre le sourire plus qu'énigmatique de Madeline... Deux êtres aussi attirants qu'inquiétants et dont le paradoxe est flagrant: tous deux «rayonnent», «dominent»... essentiellement par leur effacement et leur plasticité! Par l'immobilité du regard, du visage et du corps... Pas un trait, pas un battement de cils, pas un mouvement ne trahit l'émotion. Le silence est d'or.


Mêmes prédispositions: réserve, retenue, calme olympien, humeur invariable. Mêmes «premiers de la classe» à l'école... de la mort! Tous deux sont capables de se montrer odieux. Tous deux jouissent d'un flair, d'un sang-froid et d'une assurance qui ne leur font jamais défaut. Même façon aussi d'esquiver les réponses ou de répondre sans répondre, de mettre les gens mal à l'aise, de les placer dans l'impossibilité de distinguer le vrai du faux, de semer le doute dans les esprits. Même don pour «donner l'impression» que..., de..., d'être... ou d'avoir quelque chose... qu'ils ne savent, n'ont ou ne sont peut-être pas...


Leurs différences?


Leurs années d'expérience. Le temps et les épreuves qui ont forgé le caractère de Madeline et l'ont rendue invulnérable. Un processus de «déshumanisation» totalement accompli et réussi. Un «produit fini» parfait. S'il est un produit haut de gamme, Michael est, en evanche, encore «en voie de finition»...
 

Des deux, Madeline est certainement la plus redoutable, car elle a atteint le plus haut grade «d'impénétration» possible et frise même la cruauté. Mais jamais la folie meurtrière ou l'acte déraisonné. Comme tout le monde à la Section One, elle a appris à ses dépens. Et fini par faire table rase de ses souvenirs - qu'on imagine aisément douloureux -, par accepter de ne plus vivre que pour son travail. Au point de savoir même résister à l'amour... Et aux avances d'Opérations... dont elle ne se sert dorénavant plus qu'occasionnellement pour son plaisir. Un résultat qu'elle devrait résolument pouvoir obtenir de Michael et Nikita...


Mais si Madeline s'est finalement résignée à son sort et a juré loyauté à Opérations auquel elle rend compte de tout, Michael, bien que docile et discipliné, restera par contre toujours foncièrement ingouvernable. Sa force? Faire cavalier seul et rester secret, pour le meilleur et pour le pire.
 

Si Michael et Madeline ont opté pour une attitude semblable, ils assoient toutefois leur pouvoir différemment. Alors que Michael envoûte par l'éclat, la force, la beauté et la vie intrinsèques de son regard, par l'étrange mélange de placidité et de gravité de son expression, par sa façon coulante ou parfois tranchante de «susurrer» plutôt que de parler, Madeline de son côté, outre à la dangerosité de son noir regard, désarçonne par le timbre délicat de sa voix et la perfidie de son sourire engageant: un savant dosage d'affabilité et de machiavélisme, de sérénité et de sévérité, de menace et de réconfort, le tout oscillant constamment entre compréhension et implacabilité, entre doigté et agression sournoise. Saupoudrez le tableau d'un voile de mélancolie, d'ironie et d'amertume... et vous obtenez Madeline!
 

Une Madeline/Alberta Watson fabuleuse, car tout aussi imperturbable et difficile à décrypter que Michael. Leur complexité rend leur analyse incontournable. Et leur présence au sein de la Section One indispensable.
 

Mais aussi...
 

Une Madeline fière et altière dont le style et la subtile beauté n'ont d'égal que la sensualité et la féline beauté de Michael!


«La gestion de l'allure se professionnalise et rien n'est laissé au hasard, en commençant par le visage, la façon de se coiffer et de se maquiller» (Citation)
 

Même si contrastant fortement avec l'éblouissante, blonde, sauvage et toujours très colorée Nikita, la brune et brumeuse Madeline n'en est pas moins extrêmement belle et séduisante. Malgré son rôle austère et sa sobriété vestimentaire, il est une évidence à laquelle il faut se rendre: sa féminité crève l'écran! Au point qu'on serait tenté de respirer son parfum - ou celui des fleurs dont elle s'entoure - si l'on pouvait... Une féminité à la fragrance de vanille qui s'impose tout naturellement, sans besoin d'artifices: sans bijoux ni accessoires ou décolletés plongeants, Madeline est la représentation parfaite de la beauté dans la simplicité.
 

Femme d'influence, très femme du monde et femme jusqu'au bout des ongles, Madeline se démarque tant par sa finesse d'esprit que par sa classe, sa distinction, sa bienséance. Jamais un écart de langage, un mot plus haut que l'autre ou un geste déplacé. Un aspect extérieur en parfaite harmonie avec son équilibre intérieur.
 

Aimée ou détestée, Madeline est un personnage qui n'en reste pas moins un exemple de bon goût, de dignité et de courage à suivre. Une reine dans la nuit qui, jusqu'à son dernier souffle, respectera les règles qu'elle dicte aux autres. Elle fait son boulot, et le fait bien.
 

Bye bye Madeline, we really enjoyed!



© Michèle Brunel  (Cet article est légalement protégé par  )

Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.




==>   MY ENGLISH TRANSLATION   <==


 
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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 18:57

 

 

 

«Aujourd'hui, 10 ans plus tard, sort un remake de Nikita, et A. Watson a demandé à apparaître comme guest star dans l'épisode final de la première saison. Ceci dans le but de retrouver les émotions des vieux jours de La Femme Nikita, comme elle l'avoue.


«C'était un peu bizarre... En réalité, je ne reviens pas en tant que Madeline, ou du moins on n'en est pas sûr, car le personnage ne s'appelle pas Madeline, mais il occupe une position très élevée. Donc c'était l'fun d'un certain côté, mais ensuite j'ai ressenti une grande nostalgie de la série originale, et j'ai commencé à penser à tous les plateaux qu'on a faits, que j'adorais, ainsi qu'au groupe. Bien sûr, s'adapter au changement et évoluer fait partie du métier d'acteur.»

 

 


Alberta

 

 

4 janvier 2010
 

«Résidant à Toronto, l'actrice - née Faith Susan Alberta Watson - continue de décrocher des rôles importants et des critiques élogieuses, après presque 30 ans dans le show business.» 

 

Elle a virtuellement pesé 159 kilos, été une prisonnière de guerre, un manchot derrière les barreaux, une prostituée de luxe, une tueuse impitoyable, un commandant impassible, la mère d'une rock-star transsexuelle et une maman perturbée. Elle a même été un hologramme.

 

Bien qu'Alberta Watson ait pu jouer une prisonnière (dans Women of Valor, aux côtés de Susan Sarandon), elle ne s'est pas pour autant laissé enfermer durant le reste de sa stupéfiante carrière au cinéma et à la télévision.

 

L'actrice - née Faith Susan Alberta Watson - qui a joué dans les séries télévisées à succès 24La Femme NikitaLaw and Order et The Border, et s'est gagné le surnom de «Reine des Indies» pour des films indépendants de haute gamme comme Spanking the Monkey, The Sweet Hereafter [VF: De beaux lendemains], Hedwig and the Angry Inch et Away From Her [VF: Loin d'elle], continue de décrocher des rôles importants et des critiques élogieuses, après presque 30 ans dans le show-business. Et tout cela sans avoir dû déménager de Toronto.

 

À 54 ans, la clé de son succès semble être de toujours aspirer à être une «actrice» et non pas une «star». Elle a visé juste. Ses choix de carrière lui ont permis de continuer à travailler alors que d'autres se heurtaient contre un mur; elle a su alterner personnages fascinants, originaux et exigeants, et rôles dans de grosses productions destinées à un large public.

 

Une combinaison qui lui a réussi au point de pouvoir s'offrir une belle vie, dans sa maison à Toronto et dans son magnifique chalet sur son île privée aux abords de la ville.

 

Quel  est  son  secret?

 

«Eh bien, je n'ai jamais vraiment ressemblé à la parfaite jeune débutante, dit-elle en riant. J'étais sombre et différente. Mais j'avais une telle passion que je pense que les gens du casting et les producteurs ont senti qu'ils devaient me prendre. Je suis chanceuse.»

 

Avec une carrière qui a débuté au cinéma à l'âge de 23 dans (ironie du sort) In Praise of Older Women [VF: En hommage aux femmes de trente ans], sa plus belle opportunité fut sans doute d'avoir été sélectionnée près de 20 ans plus tard pour la série télévisée en prime time qui lui offrit le rôle qu'on lui connaît certainement le plus, et une place dans le panthéon des personnages idolâtrés par toute une frange de fans. Dans la série culte La Femme Nikita (basée sur le film français), elle incarnait la froide et méticuleuse meurtrière Madeline, et le public, les femmes en particulier, a accroché.

 

«Ils ont aimé voir une femme forte, opérant au sommet de son art: une femme qui ne cédait ni n'abandonnait jamais», explique A. Watson«Madeline était extrêmement confiante et déterminée; deux des qualités les plus importantes, d'ailleurs, pour asseoir une carrière dans ce métier.»

 

Également des qualités importantes pour quelqu'un qui s'efforce de survivre à un cancer.

 

Comme dans un mauvais film, alors que notre héroïne prenait ses marques au début d'une deuxième saison de Nikita alors en plein succès, elle fut anéantie par la pire des nouvelles: un diagnostic de lymphome mettant sa vie en danger, qui nécessitait chirurgie, chimiothérapie et une foule d'effets secondaires dévastateurs qui la firent un certain temps douter de pouvoir y survivre.

 

Elle subit une chimiothérapie très dure – la plus forte de toutes. Si elle perdit ses cheveux (un déchirement pour quiconque d'entre nous – à plus forte raison pour l'actrice glamour d'une série télévisée!), elle ne perdit à aucun moment son bien-aimé, Ken Sedgwick, son partenaire depuis 14 ans, ni le cercle d'amis et de collègues qui se sont mobilisés pour lui apporter un soutien auquel elle attribue encore une valeur incommensurable. Les producteurs de Nikita la gardèrent – tout en lui donnant tout le temps et les perruques dont elle avait besoin pour continuer à travailler.

 

Et aujourd'hui, une douzaine d'années plus tard, elle continue à travailler - et vivre – et à aimer sa carrière. Elle poursuivit celle-ci avec le rôle en co-vedette de la femme-chef Erin Driscoll dans 24, ainsi qu'avec le film Away From Her (avec Julie Christie), avec le populaire drame en prime time de Radio-Canada [CBC] The Border (où elle joue un haut fonctionnaire sortie de l'alcool), et toute une série d'autres.

 

Plus récemment, A. Watson a été choisie pour prêter sa voix à Mary Rutherford et ses 159 kilos, dans le fascinant film d'animation de l'ONF The Spine (produit et réalisé par le vainqueur de l'Academy Award, Chris Landreth, primé à Toronto en juin dernier - on parle également déjà d'un Oscar pour The Spine).

 

«C'est un travail qui demande une approche très différente pour une actrice mûre», nous confie-t-elle. «Il y a des parts [rôles] en moins, et pour ceux qui sont là, eh bien, les producteurs veulent encore vous faire paraître des décennies plus jeunes. La pression sur les actrices pour qu'elles emploient des moyens radicaux et en arriver à cette apparence d'éternelle jeunesse, a eu des conséquences terribles, que nous avons tous pu voir, je pense. Tout ce que je peux faire, c'est continuer d'être là et faire de mon mieux.»

 

«Si j'ai appris quelque chose au long de ma carrière c'est que vous devez vous accrocher à la sagesse que vous avez acquise, et l'utiliser dans votre jeu. J'apporte aujourd'hui dans mon travail une authenticité et une expérience qui ne viennent qu'avec l'âge et le temps.»

 

«J'ai maintenant une carrière complètement différente de celle que j'avais à mes débuts, à 16 ans», ajoute-t-elle pensive. «Et je ne la voudrais d'aucune autre manière.»

 

«Et, oh oui», dit-elle avec sa façon de rire, «vous pouvez me citer pour ceci: il ne faut vraiment pas se faire trop de mouron – il faut juste avoir la foi.»

 

Nous pourrions tous nous abreuver de cette foi, «foi» comme Faith ... Susan ... Alberta ... Watson.

 

Source:

Traduction française de l'article de Jane Wilson

http://garygoddardagency.com/uploads/In-Praise-of-Alberta-Watson--TempoToronto-2010.pdf

[article transcrit en août 2010]

 
 
Traduction © Michèle Brunel


    

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  • : La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • La Femme Nikita, chef-d'oeuvre inachevé
  • : Un hommage fort et pleinement mérité au génie, au raffinement et au talent de tous ceux et celles qui ont su inventer, réaliser, produire et interpréter cette remarquable, unique et inoubliable série qu'est «La Femme Nikita». Petit clin d'oeil particulier aussi (et surtout) à l'acteur québécois Roy Dupuis qui a miraculeusement débarqué dans ma vie au bon moment...
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