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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 19:52


 
 Magazine Elle Québec - Novembre 1993



Je disais donc que...
Roy Dupuis est pour moi un sujet inépuisable. Mais ma principale source d'inspiration est, et restera toujours, Michael Samuelle, ce fabuleux personnage que l'on peut analyser et décortiquer à l'infini...


Un Michael dont le miracle tient essentiellement au fait qu'il soit fondamentalement et fantastiquement indescriptible. Son «chez lui», son immense jardin secret, est quasi inviolable; la frontière qu'il a fixée entre ses actes et ses pensées est quasi infranchissable, la rivière qui sépare le vrai du faux ou le «oui» du «non», quasi intraversable. Parvenir à «le mettre à nu», à interpréter un tel camouflage volontaire, relève pratiquement de l'exploit.


Car s'il y a une caractéristique propre à Michael/Roy Dupuis, c'est bien cette propension à assumer des rôles pleins d'ambiguïté où il laisse en permanence planer le doute sur lui. C'est cette aptitude à faire resplendir la face cachée de l'homme, à faire ressortir sa double nature, à dévoiler ce double jeu que chacun de nous est contraint de jouer chaque jour.

C'est l'art de rendre visible l'invisible ou l'invraisemblable, d'extérioriser ce que l'on veut dissimuler, de rendre statiques une intelligence fiévreuse et une réflexion en perpétuel mouvement... C'est l'art de faire fusionner, au sein d'un même regard et d'une même attitude, deux entités radicalement opposées: un don inouï qui ne cessera jamais de m'éblouir et sur lequel je ne peux m'empêcher de méditer et de disserter à chaque fois que je le regarde. Et ceci, en particulier dans «Nikita», là où son habileté à mettre en exergue la constante et omniprésente dualité des sentiments qui nous animent a probablement atteint son paroxysme; là où, en tentant d'annihiler sa vraie nature, il a redoublé de personnalité!


Personne mieux que lui n'aurait pu incarner cette part d'apparence externe et de secrets internes bien gardés, «ce subtil mélange de contrastes et de contradictions» qui fait de nous des êtres humains.


"J'avais besoin d'un acteur capable de jouer tout et son contraire... Ce n'est pas du ressort de n'importe quel acteur"...
déclarait le réalisateur Alain Zaloum en parlant de son film «C'est pas moi, c'est l'autre!»
 

Car, oui, Roy Dupuis est artistiquement capable de tout: capable de jouer lui-même et son contraire, d'exprimer n'importe quel élan ou état d'âme et son contraire; capable aussi de tout formuler sans rien dire ni laisser apparaître.

Il peut passer de l'état brut et sauvage au raffinement le plus extrême avec une virtuosité étonnante; il peut tout explorer, tout risquer et jouer avec le feu à volonté. Son physique attire les rôles osés (et il serait d'ailleurs bien dommage de priver les spectateurs d'un tel plaisir des yeux!) ou prédominants, tout comme son intériorité attire les rôles sophistiqués: car, quoi qu'il fasse, Roy a du chien et crève l'écran.


"Son insécurité lui fait réaliser des choses extraordinaires"


répondait sa mère, Ryna Tifo, à un(e) journaliste qui voyait en Roy un homme «exigeant et perfectionniste, mais aussi souffrant d'insécurité» (Magazine québécois «7 Jours» du 30 novembre 2002)


Difficile pour nous d'imaginer un Roy Dupuis encore hésitant ou peu sûr de lui dans la vie...


Reste en effet à ajouter que son capital ne se limite pas à la splendide structure de son corps et de sa physionomie, à son regard sublime et à son irréfutable talent d'acteur: il va bien au-delà... De lui irradie réellement quelque chose de magique, de mythologique... Ce qu'il inspire dépasse tout entendement, les ondes qu'il émet semblent provenir d'un monde légendaire, du temps où l'homme et la bête ne faisaient qu'un. Car, oui, en plus d'être littéralement envoûtant, Roy «sent le fauve»!

La nature l'a comblé. Une crinière épaisse et ondulée dans laquelle on voudrait pouvoir enfiler sa main, une voix qu'il sait rendre chaude, tendre et ensorceleuse quand le scénario le réclame, une démarche majestueuse que lui confère sa silhouette à la fois costaude et élancée, viennent compléter ce portrait de l'homme idéal dont chaque femme aura rêvé au moins une fois dans sa vie.


Mais il y a plus... Il y a «une présence» et une énième forme de «pouvoir» à appréhender...


Car le charisme de Roy est phénoménal: sa simple vue ou apparition provoque un éveil en sursaut des sens, une sensation d'attirance inexpliquable, voire même une incontrôlable montée d'adrénaline! Il y a en lui une telle synchronisation de tout son potentiel physique et abstrait qu'on ne peut ignorer le fait «qu'il soit là»... tout simplement, qu'il le veuille ou non... Présent quelque part dans un coin de la pièce ou de la scène.


Mais l'homme n'a pas fini de tisser sa toile... Il fera fondre toute résistance lorsque sa victime aura pris conscience de l'ultime emprise qu'il exerce sur elle: un pouvoir «rassurant» colossal, somme de cette puissante «force tranquille» et de l'incroyable «force protectrice» qu'il libère malgré lui! Deux forces délicieusement apaisantes dont les effluves parcourent malicieusement les canaux de votre imagination, jusqu'à ce que vous vous sentiez bien et en sécurité. Un sentiment de protection, de calme et d'équilibre intérieur que le personnage de Michael est venu sublimer.


Car, oui, de Roy, se dégage aussi une impression d'infaillibilité, d'homme invincible et invulnérable. Quel que soit le rôle qu'il assume, il reste dominant et, de ce fait, supérieur à tout ce qui peut «nous» ou «lui» arriver, dans la vie comme à l'écran...


"La force tranquille de l'arbre qui, à chaque jour, à chaque heure, à chaque instant, enfonce ses racines plus avant dans le sol"
  (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 94)


Roy Dupuis a beau prétendre que dans la vie il est l'extrême opposé de Michael et que les gens «croient le connaître», il n'empêche que dans chacune de ses interprétations il livre toujours une partie - aussi infime soit-elle - de lui-même (le goût du danger et du défi, par exemple, n'est-il pas dans sa nature? Réputé réservé, introverti, de peu de mots et jamais agressif, Michael n'était-il pas un personnage qui lui allait comme un gant? - Chassez le naturel, il revient au galop...) et, qu'il le sache, ceux qui l'aiment sont capables de «saisir l'insaisissable», qu'il y a toujours une correspondance directe ou indirecte entre un élément de sa vie et le scénario qu'il accepte de jouer. Il suffit de recoller les petits morceaux pour se faire une idée de l'homme superbe qu'il doit être au quotidien.


Alors, rendons à Roy ce qui appartient à Roy! Un Roy Dupuis toujours égal à lui-même: beau et grandiose. Et né non seulement sous une bonne étoile, mais bien avec l'étoffe d'une «super-star»!


Il est d'ailleurs franchement regrettable que tous ses plus grands films n'aient pas trouvé preneur en Europe. Car si une image vaut mille mots, un film vaut des centaines de pages ou d'images. Co
mme je disais précédemment: «tout en lui sent le pouvoir». Mais aucun livre ne parviendra jamais à décrire l'aura et l'effet du jeu de ce comédien.


Bienheureux ceux qui se laisseront encore piéger par son pouvoir d'attraction, car... aimer
Roy Dupuis
, c'est se garantir une petite parcelle de paradis sur terre!


© Michèle Brunel  (Cet article est protégé par   

Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.

 

Et... si une photo vaut mille mots, alors il est grand temps de passer aux images!

Découvrez près de 500 des
plus beaux regards, attitudes et expressions de
ROY DUPUIS, des vidéo-clips, des diaporamas, tous rassemblés sur:

 
 
 
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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 19:55
 
 Avril 2008 - Magazine Elle Québec



"Roy rend les gens fous" écrivait la chroniqueuse américaine Ileane Rudolph (TV Guide - Février 2001). On ne pouvait mieux décrire «l'effet Dupuis»!


Même si les journaux nous permettent de nous faire une idée de la personne qui nous intéresse, il est risqué et difficile de parler de «personnalité» pour quelqu'un qu'on ne connaît pas et qui, sur scène ou à l'écran, est roi du transformisme. Contentons-nous donc d'extirper tout ce qui, de Roy, est public et visible à l'oeil nu, tout en nous tenant éloignés de ce schéma (plus qu'amplement mérité!) de «sex-symbol» qu'on lui a longtemps attribué, mais qui ne dure qu'un temps, le temps d'une jeunesse. Même si, pour ma part, je dirais qu'actuellement, il nous tarde de le voir raviver un peu notre flamme au travers d'un rôle, par exemple, de séduisant quadragénaire en proie au «démon de midi»...


Disons donc, que physique d'enfer et sex-appeal mis à part, Roy Dupuis, c'est... essentiellement la toute-puissance de la trilogie «talent, visage et regard».


Un visage fort auquel, après mainte réflexion et ne parvenant toujours pas à le qualifier avec précision, je collerais la définition de «tout simplement bestial»! Un visage anguleux «rempli de monts, de paliers et de vallées» qui, même pour les plus avisés, reste une forteresse imprenable.


Roy Dupuis peut ainsi prêter ses traits et «donner vie» à n'importe qui: son visage s'adapte à tout et même si, indéniablement, c'est dans ceux où il compose avec un air dur, grave, protecteur ou insolent - mieux encore si doublé d'un profil de séducteur! - qu'il récolte le plus de suffrages, tous les rôles lui sont permis.


Roy, c'est un visage que l'on peut photographier à l'infini - en rafales ou à distance de plusieurs années - sous une infinité d'angles, de jeux de couleurs, de costumes ou de lumières qui ne cesse d'émerveiller, chaque cliché laissant apparaître un homme nouveau, au visage différent, pourvu d'une nouvelle et inexpliquable profondeur. Avec lui, chaque séquence, chaque scène, chaque prise de vue prend une tournure d'aventure, de découverte, voire de révélation...


Aucune photo, aucune capture d'écran, aucune galerie de portraits ne parviendra jamais à fixer l'image de beauté que l'on voudrait pouvoir donner de lui, tant celle-ci est farouche, variable et insaisissable: le regarder jouer est l'unique façon de pouvoir réellement «accrocher» cette féerie au passage. Car Roy Dupuis, c'est un visage dont chaque millième de mouvement d'un de ses muscles vaut la peine qu'on s'y arrête. C'est un visage agrémenté d'un regard dont chaque centième de seconde vaut le détour.


Mais seuls ceux qui l'aiment déjà et le suivent de près pourront sans doute me comprendre... On a beau rembobiner inlassablement la pellicule, ce que Roy veut nous dire, ou «ne pas dire», nous glisse à chaque fois entre les mains... Mille mots, mille images, mille métaphores ne suffisent pas à «extraire» toute l'étendue du mystère qu'englobent le visage et le regard de cet acteur.


Car, oui, bien évidemment, Roy Dupuis, c'est aussi et surtout... UN REGARD.


Un regard tout aussi animal, énigmatique et singulier que son visage; un regard d'un éclat absolument incontestable. Ou plutôt, incontestablement «éclaboussant».


Un regard dans lequel, en l'espace d'un instant, on peut lire tout un roman ou voir défiler tous les sentiments de la terre. Un regard toujours «décalé d'un temps» qui, soit vous étourdit par sa longevité ou soit, au contraire, vous subjugue par sa fugacité. Un regard qui se place au-dessus de toute forme d'expression, bien aiguisé, percutant, dont seul Roy connaît la recette et qui ne cessera jamais d'intriguer.

Un regard naturellement envoûtant et conquérant qui pénètre «la cible» en profondeur, tout en se voulant détaché; un regard neutre, apparemment vide ou inexpressif qui se veut lointain et réfléchi, mais qui est profondément «à l'écoute»... et qui vous répond de manière cinglante. Un regard troublant dans lequel soit on déchiffre tout ce que l'on veut en fonction de ses propres états d'âme, soit sur lequel on peut s'interroger pendant des heures avant d'en décoder le message.
Un regard qui en dit long et qui n'a aucun besoin de l'appui des mots pour obtenir l'effet désiré.

À l'écran, quel que soit le film où il joue, le rôle qu'il assume, l'air qu'il prend, le profil qui lui ait été assigné ou le lieu où il se trouve, quelle que soit la contenance qu'il se donne, la mine qu'il affiche ou la situation dans laquelle il se débat, qu'il le veuille ou non, Roy «en impose».

Il domine toujours et reste en posture de force, car «tout en lui sent le pouvoir». Roy «domine du regard». Avec cette façon bien à lui de relever légèrement la tête en arrière et de vous toiser froidement du regard, même à terre ou en position d'infériorité, il reste maître du jeu: une lueur glaciale et fulgurante passe dans ses yeux et tout est dit! Son regard est sans appel: il est tout sauf vaincu.


Il m'a d'ailleurs fallu un certain temps avant de comprendre en quoi consistait exactement ce «pouvoir», cette extraordinaire emprise que Roy exerce tout naturellement sur les autres. La réponse me fut fournie par
 Michael Ironside - acteur principal, aux côtés de Roy Dupuis, dans la super série «The Last Chapter» I et II (Le dernier Chapitre - 2002/2003) - au cours d'une scène où il lança à son fils la réplique suivante: "Ne laisse jamais voir aux autres ce que tu penses"

Un art que personne ne maîtrise mieux que Roy!


Bref, comment résumer en quelques mots ce regard prodigieux?
Une fois de plus, le dictionnaire répondit à mes questions:


Roy, c'est... un regard... «bon conducteur de chaleur et d'électricité»!


Une définition se rapportant au terme «métal». Et à laquelle je ne vois vraiment plus rien à ajouter! Un regard «métallique», planté au coeur du pouvoir et d'un univers aux parois argentées: qui mieux que ce Roy,«trempé dans l'acier et gainé de velours», aurait jamais pu interpréter le rôle de Michael dans «La Femme Nikita»?!


Et, étrange coïncidence, j'apprends à l'instant même (Mai 2007) que Roy possède une collection de couteaux (présentée au cours de l'émission Vente de garage sur ARTV, Québec)... Ces lames en métal exercerait-elles un pouvoir de fascination particulier sur lui...?!


Quant à son talent... Après plus de vingt ans de carrière, sa réputation n'est plus à faire. Le jeu de Roy est sans faille. L'acteur n'a pas son pareil pour «incarner les souffrances silencieuses» (Anabelle Nicoud - La Presse du 21/04/2007 dans sa critique du film «That Beautiful Somewhere»); il est désormais capable d'explorer toutes les facettes du conscient et de l'inconscient avec une aisance, un réalisme et une conviction plus que parfaits. Son pouvoir inné de séduction et son assurance acquise en tant que comédien sont tels que, depuis plus de 15 ans, ils lui font décrocher les plus grands rôles, tout comme certains réalisateurs vont jusqu'à lui tailler des films sur mesure.


"There was something in his eyes... Power!"


Puissance du regard, puissance du silence, puissance des non-dits, puissance du corps et de l'esprit...


Un Roy Dupuis aguerri qu'avec impatience nous attendons maintenant de voir aux côtés de Vincent Cassel dans «L'Instinct de mort»...


© Michèle Brunel  (Cet article est protégé par   

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 18:13


 

Si Michael Samuelle est et restera toujours indissociable de Roy Dupuis, il n'en va bien sûr pas de même pour l'inverse. Ce serait d'ailleurs une offense à l'immense talent et à la multitude de personnages interprétés par Roy (et dont on peut avoir un premier aperçu au travers du livre de Danièle Saint-Denis intitulé «Dans les peaux de Roy Dupuis» - Éditions Stanké, Québec).


Restait donc à trouver un dénominateur commun à son succès, à cette célébrité qui ne décroît pas, bien au contraire (depuis 1991, Roy Dupuis accumule les trophées - 2005: Prix Jutra du meilleur acteur dans «Mémoires affectives» - 2006 et 2007: prix du meilleur acteur avec «Maurice Richard» au 19è Festival international de Tokyo et au 27è Prix Génie - 2008: Prix Jutra du meilleur acteur dans «Shake Hands with the Devil»). Une quinzaine de films (longues séries télévisées comprises) m'ont été nécessaires pour appliquer la touche finale au portrait que je souhaitais brosser de lui.


Roy Dupuis est - comme aiment le définir les journalistes - ce qu'on appelle une «bête de scène». Pour ma part, poussée par la ferveur et l'admiration sans bornes que je lui voue, j'irais - et au risque de lui déplaire - beaucoup plus loin dans la description...


"De son corps solidement charpenté irradie une puissance insoupçonnée à l'écran"
  (Danielle Stanton - Article Elle Québec - Décembre 2005)


Car, Roy, c'est avant toute chose, bien évidemment... Une belle gueule.

Mais - inutile de le nier - aussi un beau mâle! Une belle masse de chair ferme dont on croquerait volontiers un morceau, un bel étalon que l'on enfourcherait volontiers pour une escapade dans les bois, une belle peau d'ours sur laquelle on s'allongerait volontiers un soir au coin du feu... Un aspect «croustillant» qui laisse peu de femmes indifférentes...


De marbre quand il vous toise, de velours quand il vous charme, poignant quand il pleure, taquin quand il sourit, ravageur quand il séduit, impressionnant quand il se met en colère, débordant de sensualité lorsqu'il apparaît, olympien lorsqu'il se déshabille, hyper-professionnel lorsqu'il exerce son métier: vous avez fait le tour!


Roy Dupuis est aussi ce que, personnellement, j'aime définir «un homme au carré»: quatre forces physiques qui se confondent et se rejoignent pour former une structure de choc. Le résultat d'une double combinaison heureuse: celle d'un visage atypique à un regard d'exception et d'une musculature d'athlète à une dégaine de top-model. Un socle sur lequel on peut, sans risque, construire une montagne de projets, de scénarios, de personnages et de chimères. Un homme en qui tout cadre à merveille.


Avec un faciès comparable au museau d'un fier et bel animal sauvage et un look à l'allure rebelle, avec une paire d'yeux couleur émeraude, un regard à la Paul Newman, un profil à la Marlon Brando et un charisme à la James Dean qui vous font oublier que vous êtes sur terre, avec une aura, un magnétisme et une photogénie qui crèvent l'écran, on comprend aisément pourquoi la caméra et les réalisateurs l'aiment tant!


Il y a en Roy ce petit «je ne sais quoi» dont j'ai cherché l'explication pendant des années et qui finalement m'est apparue au hasard d'une recherche de synonymes: de lui émane une virilité - avec un grand V - particulière, pas seulement esthétique... Une autre virilité: «intellectuelle, mentale, morale; une virilité de l'âme, de l'esprit, de l'expression, du style» (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 182)... Une agréable et paisible virilité qui reflète tout naturellement la force de son intériorité et qui a trouvé la voie du talent pour s'extérioriser. Une douce et sereine virilité qui lui a permis de se surpasser dans des rôles particulièrement difficiles, dérangeants ou délicats à assumer.


Carré aussi parce que, dans la vie comme sur le plateau, Roy inspire confiance, dégage de l'honnêteté, de la fermeté, de la franchise, de la solidité. Son cheminement est celui d'un homme qui a su reprendre à temps sa vie en main et trouver son équilibre, mais qui n'a jamais cessé de suivre son instinct d'homme des bois, des lacs et des rivières, restant ainsi fidèle tant à ses grands rôles (tel le fougueux Ovila des «Filles de Caleb» en 1990, ou le déchirant Alexis de «Séraphin: un homme et son péché» en 2002) qu'à sa terre et à ses principes.

Homme de tous les défis travaillant sans relâche, Roy a acquis la puissance d'une star affirmée, la gravité et la maturité de l'âge adulte, la crédibilité d'un militant qui va jusqu'au bout de ses convictions et qui, aujourd'hui, nous invite à remonter le cours des fleuves; mais il a aussi su garder la simplicité d'un être dont les frasques ne défrayent jamais la chronique.


Comblé par la vie, il s'est actuellement engagé sur un chemin difficile. Toute sa force et sa sensibilité suffiront-elles à sauver les grandes rivières du Québec du triste sort qu'on leur réserve? Roy a la peau dure: il y a donc fort à parier qu'il nous surprendra encore et qu'il gagnera en tout cas plus d'une bataille!


 © Michèle Brunel  (Cet article est protégé par   

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:19
 
Je dirais même, la seule qui ait jamais duré dans ma vie. Et qui sera aussi la dernière. L'aboutissement de soixante ans de solitude affective.


Voilà des années que je tente de trouver les mots pour décrire la puissance physique et émotionnelle que cet homme-acteur dégage, que j'essaie de décrypter son regard, d'exprimer tout ce qu'il m'inspire, tout le bonheur qu'il me procure et tout ce qu'il parvient à m'insuffler.


Roy Dupuis, c'est plus de sept ans de «la dernière de mes sept vies», de sept cycles de vie bien marqués car bien distincts l'un de l'autre. C'est une histoire et une découverte qui commença en 2001 avec «La Femme Nikita»... et sur laquelle je ne parviens toujours pas à mettre le mot fin.

Roy est pour moi un sujet inépuisable. Après avoir brassé des milliers de photos, lu des dizaines d'articles, d'interviews, et vu presque tous ses films, à force de le scruter, de le dévorer des yeux, de faire défiler la pellicule au ralenti, de l'examiner sous toutes ses coutures (je parle bien sûr de son jeu, de ses expressions, du pouvoir qui émane de lui, et non pas de mes fantasmes, restons sérieux), je crois pouvoir dire que je le connais par coeur. Et pourtant, à chaque fois, à chaque visionnement ou revisionnement d'un de ses films ou séries, c'est le même fluide magique qui s'écoule dans mes veines, c'est la même exubérance qui s'empare de moi. La profondeur de son être, l'intensité de son regard et l'immensité de son talent sont devenues pour moi une chose complètement palpable. Roy est le seul acteur au monde qui m'incite à tellement vouloir «en saisir l'insaisissable», tout comme il reste un mystère en moi que je ne parviens pas à percer.


Parce que sa vue m'emplit de tout ce que la vie m'a refusé, je me retrouve souvent sous l'emprise du désir... Désir de pouvoir le rencontrer, de pouvoir croiser son beau regard, de pouvoir lui transmettre toute cette foule de sentiments qui m'anime au travers (peut-être?) d'une chaleureuse poignée de main, ou plus probablement, de larmes qui s'écouleraient sur mes joues... tant l'émotion serait insoutenable!


Mais en y réfléchissant bien, cette rencontre n'aurait-elle pas déjà eu lieu? Lorsque la beauté physique, mentale et spirituelle d'une personne vous est devenue à ce point tangible et familière, lorsqu'une telle passion, une telle fusion «acteur-spectateur» a pu naître de la liberté de rêver, une approche concrète faite d'un bref échange de banalités s'avère-t-elle réellement nécessaire, voire même souhaitable? Pourquoi vouloir briser l'enchantement de ce dernier univers fantasmagorique que je me suis bâti autour de lui pour si peu de chose en échange...?


Mon existence n'aura été qu'une succession de cassures, de déchirures et d'abandons en tous genres. Alors, pour une fois, je m'octroie le droit d'échapper à cette espèce de fatalité: notre rendez-vous n'aura pas lieu, la rupture non plus. Afin de résister aux effets du temps, «notre liaison» continuera de s'enraciner dans l'art, dans l'abstrait et dans la magie d'un regard, d'un rôle, d'une attitude.


Une série plaît parce que, d'une façon ou d'une autre, elle nous renvoie à nous-même. Le refus - ou plutôt, l'étouffement - systématique de la douleur que j'ai pu déceler dans les yeux et dans le comportement de Michael y est certainement pour beaucoup dans le déclenchement de cette passion qui me dévore depuis des années. Au point de passer des journées, des semaines, des mois entiers à fouiller le vert de ses yeux, jusqu'à pouvoir pénétrer au plus profond de son intimité.


Sans Michael et Nikita, je ne serais sans doute plus de ce monde. Roy Dupuis a été l'élément moteur de mon processus de guérison. Par quel miracle? Passion et «remue-ménage intérieur» mis à part, après avoir, pendant un court laps de temps, repris goût aux plaisirs physiques et matériels de l'existence, j'ai fini par adopter leur mode de survie... Au diable les sentiments.


Les paroles s'envolent, les écrits restent. Je tenais donc à pouvoir leur dire, finalement et tout simplement: merci. Merci pour ce double amour - amour pour une série, amour pour un acteur - qui a su me faire renaître à la vie et qui continue de me tenir en vie. Merci pour avoir si intensément rempli ma dernière vie.


Comme disait Roy Dupuis dans «J'en suis!» (Film québécois - 1997):


"Quand on aime, on peut pas toujours expliquer, hein, c'est mystérieux"


 © Michèle Brunel  (Cet article est protégé par   

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  • : Un hommage fort et pleinement mérité au génie, au raffinement et au talent de tous ceux et celles qui ont su inventer, réaliser, produire et interpréter cette remarquable, unique et inoubliable série qu'est «La Femme Nikita». Petit clin d'oeil particulier aussi (et surtout) à l'acteur québécois Roy Dupuis qui a miraculeusement débarqué dans ma vie au bon moment...
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