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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 08:58

  
Michael
est un tueur. Et pourtant...


À la fois divin et machiavélique, sombre et éblouissant, glacial et volcanique, dompteur et dompté, proche et distant, hermétique et réceptif, expressif et indéchiffrable, suave et acide, puissant et prisonnier, protecteur et manipulateur, bienveillant et redoutable..., Michael Samuelle est un personnage étrangement beau et extrêmement perturbant qui, pas à pas, vient s'immiscer dans votre intimité pour finalement vous envelopper d'un film protecteur.

Il n'a besoin d'aucun support, d'aucun artifice pour s'imposer: sa seule présence suffit à «booster» une scène et l'intensité de son regard à lui donner toute sa dimension; sa discrète et fauve virilité suffit à nous faire vibrer, l'attitude fuyante et mystérieuse qu'il adoptera en permanence suffit à alimenter tous les fantasmes, ses non-dits et son immobilité suffisent à nous embraser...


Car, avec Michael, tout ce qui affecte les sens est enrobé de flou, de fluidité, de volupté, de raffinement, de douceur. Le toucher est sublimé par sa gestualité, la vue est sublimée par son regard, l'ouie est sublimée par sa voix.

Michael ne vous touche jamais vraiment: il établit le contact par une simple pression du corps, il se rapproche et se détache lentement de vous, il pose délicatement ses doigts sur vous et respire le parfum de vos cheveux... tout en dressant un mur invisible de tendresse entre vous et lui (jamais vous ne le verrez serrer Nikita avec fougue dans ses bras). Il «adhère» à vous, vous frôle, vous effleure; il vous caresse de la voix ou vous étourdit de son silence. Il vous démonte, vous amadoue, vous hypnotise ou vous enflamme selon les circonstances...

Michael ne flatte pas, ne courtise pas, n'«allume» pas, n'enjolive pas de paroles ou de gestes inutiles. Il ne dit rien, ne bouge pas... Il vous regarde. Ou plutôt, il vous sonde, vous désarme, vous transperce du regard... Et se laisse désirer!


Michael ne discute jamais, dialogue rarement: il écoute... Sans broncher. Et réfléchit. S'il vous parle, c'est toujours d'un air lointain et effacé, comme si les brèves phrases qu'il venait de prononcer provenaient de quelqu'un d'autre. Rares sont les fois où il se lancera dans des explications, où il vous prodiguera quelques mots d'encouragement ou de réconfort. Et pourtant, il est là, attentif, méfiant, prévenant ou engageant, mais toujours présent. Son ombre est partout, et on le sait aux aguets, prêt à intervenir au bon moment, même au péril de sa vie.


Mais aussi...


Parmi les caractéristiques qui contribuent à le rendre aussi fascinant, il convient de rendre honneur également à la splendeur et la grâce de sa «démarche», à la souplesse et la noblesse de «ce pas» à la fois affirmé et nonchalant qui le rendent presque surnaturel...


En effet, Michael se démarque en plus par cette façon - unique et savamment étudiée - de se déplacer, par cet art de «surgir à l'écran», de se présenter, de faire irruption, d'avancer, de reculer, de se diriger vers le spectateur ou de se retirer du jeu.

Que son approche soit de combat, de «disposition à l'obéissance» (soumission étant un terme qui ne lui convient guère), de négociation, d'investigation, de garde du corps ou d'«ange de la tentation», que son pas soit lent, prudent ou précipité, Michael n'envahit jamais brutalement l'image: ses entrées en scène tiennent toujours plus de l'«apparition» et ses sorties de l'«aspiration dans le décor» que de l'adaptation d'un scénario.

Michael ne marche pas: il glisse, il ondule... Il vole, patine, flotte, se faufile partout, sort de la pénombre, traverse ou longe les murs comme un fantôme. Il évolue comme s'il était absent ou complètement détaché de son personnage. Des mouvements ondoyants, des gestes précis, une allure désinvolte, une cadence langoureusement rythmée, une solide carrure alliée à une ligne de mannequin et à une agilité surprenante, un air de défi et une aisance quasi naturelle face aux menaces, le tout revêtu de noir et rehaussé d'un regard étincelant qui en dit long sur son potentiel, sur sa suprématie, sur sa dangerosité... Comment ne pas «tomber en amour»?!!!



" There  was  something  in  his  eyes...  Power! "


Et le sujet n'est pas clos. De Michael, il y a encore une infinité de choses à dire.

C'est fou le nombre de pages que l'on peut écrire sur le simple regard d'un homme...
 



 © Michèle Brunel  (Cet article est légalement protégé par   ).

Toute reproduction d'un quelconque article de ce blog est strictement interdite.


 

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